TEXT 1784
<117> CHAPITRE IV.
Ancien Gouvernement féodal
de France.
La République Romaine en tout temps,
& ses Empereurs tant qu'ils ont régi leur
Empire avec ordre, ont donné l'exemple
du Gouvernement qui me paroît le meil-
leur. Dans les Gaules sur-tout il y avoit
sous les Empereurs quantité de Cités, ce
qui doit s'entendre des Villes avec leurs
districts bien plus étendus que ne sont
aujourd'hui les banlieues de nos Villes.
Ces Cités avoient des Conseils ou Sé-
nats subordonnés, qui étoient la même
chose que nos Magistratures municipales;
ils administroient la justice, la police & les
finances avec autorité & liberté. Sous les
Empereurs qui gouvernerent le mieux ,
les Cités se multiplierent, sur-tout dans
les Provinces éloignées de Rome. Les
Officiers de l'Empereur, les Préfets du
Prétoire ou leurs Vicaires n'avoient qu'une
inspection générale sur les Cités; les Re-
ceveurs généraux des Empereurs rassem-
bloient le produit des impositions; mais
<118> c'étoient les Sénats ou Curies qui en fai-
soient la levée sur les particuliers, suivant
la méthode & le tarif qui leur paroissoient
les meilleurs; ce qui ressemble beaucoup
aux usages de nos Pays d'Etat.
Voilà ce qui a précédé notre Gouver-
nement féodal, qui n'a commencé même
qu'assez long-temps après que la Gaule
a été domptée par les armes des Francs,
& qui a produit la tyrannie de détail, plus
fâcheuse que celle qui soumet tout un
grand Empire à un seul homme. Les
Chefs s'arrogeant toute autorité, ont ou-
blié l'objet du bonheur public, qui réside
plus dans la Commune que dans la No-
blesse. Par la suite, le Gouvernement mi-
litaire a dégénéré en France en Gouver-
nement financier, par la raison que l'ar-
gent est devenu le nerf de la guerre. Qui
eût dit que la politesse ameneroit ce dé-
sordre, & que le moyen assujettiroit son
objet? On abandonna d'abord dans les
Gaules tout ce qui dépendoit de la finance
aux Juifs, gens méprisés & abhorrés, tan-
dis que les Financiers sont aujourd'hui nos
véritables Magistrats.
Le Gouvernement féodal consistoit dans
l'autorité que les Rois de France avoient
sur leurs Feudataires immédiats; ceux-ci
<119> sur les arrieres-Feudataires de la Couronne,
ces derniers sur d'autres Nobles subor-
donnés; enfin tous les Seigneurs dominés
& dominans sur les roturiers, manans &
habitans de leurs terres, qui étoient pour
la plupart serfs ou esclaves.
Le Roi n'avoit pas seulement un droit
universel sur tous les fiefs qui orignaire-
ment relevoient de sa Courone, il avoit
encore des droits de proprieté dans ses
Domaines & des droits régaliens dont ne
devoient pas jouir d'autres Seigneurs;
mais ces Seigneurs avoient usurpé les
plus importans, & pouvoient les exercer
d'un façon plus intéressante que le Roi
même, parce qu'ils étoient plus à la por-
tée de se faire craindre de leurs vassaux,
que n'étoient de foibles Censitaires non
armés ni défendus. Il faut croire que si les
temps avoient continué à être favorables
aux grands Feudataires, & si la France,
depuis Hugues Capet, n'avoit pas eu des
Rois fermes, ou ceux-ci des Conseils
habiles, bientôt la suzeraineté se seroit
absolument confondue avec la souverai-
neté.
Les Fiefs s'appeloient originairement
Bénéfices, & étoient à vie; mais par habi-
tude ils devinrent héréditaires: les Com-
<120> tés & les Marquisats, qui n'étoient que
des Charges amovibles, furent bientôt à
vie, puis patrimoniaux, les Offices dégé-
nérerten héritages dans les familles.
Les Officiers préposés pour rendre la
justice, & pour commander les armées,
subdéléguoient d'autres Officiers subal-
ternes chargés des mêmes soins; & ces
soins ayant des charmes pour ceux à qui
ils furent confiés, d'autant plus qu'ils les
honoroient & les enrichissoient, ceux qui
les avoient obtenus les conserverent pour
leurs enfans.
Telle est la véritable origine des Fiefs &
de tous les droits qui en dépendent; usurpa-
tion par-tout, tolérance forcée de la part de
nos Rois, qui n'ont trouvé le moyen d'en
éviter le danger pour eux, qu'en rendant
les droits qui en sont restés, ou vains ou
odieux; ainsi ils nuisent plus qu'au Pu-
blic, sans offusquer la Monarchie; elle a
écarté ce qui lui étoit le plus incommode;
ce qui subsiste n'est qu'une ombre de sei-
gneurie, & encore cette ombre est-elle sou-
vent gênant & dommageable: tel est le
droit de chasse sur ses voisins, sources de
querelles & d'insultes, les droits considéra-
bles de mutation & de relief en cas de
vente & même de succession collatérale,
<121> par où les terres mal administrées passent
plus difficilement dans des mains qui les
cultiveroient mieux; l'exercice de la jus-
tice seigneuriale négligée par-tout, &
pratiquée par une race de gens avides,
toujours occupés à exciter l'habitant sim-
ple à plaider; enfin tous ses différens
droits, procès, chicanes, vieilles recher-
ches, empêchement à la bonne culture
des terres, rétrécissement de l'abondance,
obstacle au bonheur de la campagne.
On prétend que le droit féodal nous
vient des Lombards, & que ceux-ci l'a-
voient apporté du Nord.
Il est certain que les Romains n'ont
jamais connu ce genre de servitude qui
soumet une petite terre à une autre terre
un peu plus grand, quoique le possesseur
de celle-ci ne soit pas le Souverain du pays;
un tel arrangement ne peut venir que
de l'esprit d'orgueil & d'intérêts, qui a
porté les sujets à copier les Monarques
dans les terres de leur Domaine; les foi-
blesse des Rois fainéans a rendu toute
usurpation héréditaire, & les enfans ont
enchéri sur les usurpations de leurs peres,
en établissant la tyrannie graduelle & hé-
réditaire qui les rendoit, avant que de
naître, plus puissans que tant d'autres
<122> qui avoient plus de service & de mérite
qu'eux.
Qu'on ne cherche point l'origine des
Fiefs dans les premieres conquêtes de nos
Francs sur les Gaulois; on ne voit pas
que les Conquérans se soient avisés du
droit féodal: les vainqueurs se sont bien
arrogé quelques terres dans les meilleures
situations, ils les ont cultivées, ils y ont
bâti aux dépens des vaincus; mais dans
ces temps, on ne pensoit point encore à
prendre des concessions étendues en terres
qu'on ne pouvoir cultiver. Qui eût ima-
giné alors les baux, les sous-baux, les
rétrocessions, ni licitations?
Les Capitaines Francs ne céderent point
à leurs soldats compatriotes les terres dont
ils ne savoient que faire, à charge d'hom-
mage & de servitude: ces guerriers se
regardoient comme compagnons; un
champ de quelques arpens suffisoit pour
nourrir la famille d'un Franc, & ils lais-
serent le reste aux anciens cultivateurs.
Les Gaules étoient fort peuplées, & il
ne faut pas croire que les Gaulois fussent
assez vaincus pour être esclaves comme
nos Negres, ou seulement comme les
esclaves des Romains & ceux des Maho-
métans. Les Gaulois restoient dans leur
<123> patrie, & c'est la déportation qui consti-
tue principalement l'esclavage; nul n'est
facilement esclave dans son pays; si on
l'y traitoit comme tel, il trouveroit des
ressources pour s'en relever. Ce n'est qu'au
prix de la plus grande partie de leur sang,
que les Indiens ont subi seulement dans
quelque partie de l'Amérique, cette espèce
d'esclavage qui réduit l'homme à ser-
vir un maître comme font un boeuf
& un mulet. Il faut donc regarder les
conquêtes des Francs plutôt comme une
occupation des principaux postes du pays,
que comme une subjugation des habi-
tans. On sait d'ailleurs que les Romains
se confondirent en peu de temps si bien
avec les Gaulois, que lorsque les Francs
se rendirent les maîtres des Gaules , ces
mots étoient devenus, pour ainsi dire, si-
nonymes.
L'usurpation est ingénieuse quand le
temps en a caché l'origine; c'est elle qui
à fabriqué tout ce beau roman en vertu
duquel on prétend la rendre légitime, &
dont je viens d'essayer de montrer l'ab-
surdité.
Le droit féodal n'est, à tous égards,
qu'une usurpation sur la royauté, il est
vrai que, dans l'origine des choses, pres-
<124> que tout pouvoir est usurpation, si l'on
vent l'examiner avec rigueur & que la
royauté vient toujours d'un contrat ou
précis ou sous-entendu entre le Roi &
le peuple; que ce contact est plus ou
moins conditionnel, & exige toujours
l'observation des Loix naturelles; mais en
même temps il donne lieu à y contreve-
nir, car il confere le pouvoir législatif,
& sans la législation, le Roi ne seroit
rien: ce pouvoir doit être réglé par le
droit de d'équité & de raison, qui est
le premier des droits; mais les Rois s'éta-
blissent les juges de la raison, & de la
convenance, & en conséquence chan-
gent les Loix, toujours sous prétexte de
l'intérêt public, mais plus souvent pour
celui des Souverains ou de ceux qu'ils
écoutent.
Le laps de tems a canoniser l'autorité
Monarchique, telle que nous la voyons
exercée dans la plupart des Souverainetés
du Monde; la prescription, sans laquelle
tout ne seroit que disputes & confusion,
y a mis le dernier sceau: ainsi n'exami-
nons plus l'autorité souveraine d'après ses
premiers principes, respectons ce que nos
peres ont respecté.
L'autorité Monarchique, pour être utile
<125> aux hommes, doit être éclairée, mais
non partagée: les Monarques le savent
si bien, que jusqu'à ce que leur autorité
ait renversé tous les obstacles & toutes
ces contradictions, ils ne s'occupent que
de l'établir, & ne font pas encore con-
sister leur gloire à faire le bonheur des
leurs sujets, mais seulement à les assujettir
pleinement: enfin arrive l'instant heureux
où l'autorité peut se laisser balancer par
le conseil & par la raison, se faire aider
par des arrangemens conformes à l'inté-
rêt des Peuples, reconnu & suivi par les
Peuples mêmes, réglé & autorisé par la
puissance publique.
Le Gouvernement féodal si fort réclamé
par M. de Boulainvilliers, & auquel il
attribue toute la grandeur de Charlema-
gne, étoit-il conforme à ce dernier état
de l'autorité Monarchique? Non: dans ce
systême bizarre de Gouvernement, la plus
grande autorité sur la Nation étoit entre
les mains d'un certain nombre de prin-
cipaux usurpateurs qui avoient sous eux
d'autres usurpateurs subalternes. Le degré
& la qualité de ces usurpations varioient à
tout moment; & comme chacun travaille
mieux sur un petit objet que sur un grand,
nos Rois avoient bien moins de pouvoir
<126> sur leurs grands vassaux, qui se moquoient
souvent de la majesté du Trône, que les pe-
tits Seigneurs n'en avoient sur les paysans
& même sur leurs petits feudataires; ils en
violoient les femmes, & prenoient leurs
héritage impunément; & c'est d'une
source si impure que résulte ces droits de
fiefs si bizarres, qu'admirent encore nos
studieux Féodistes. Le droit féodal, dans
son origine, étoit précisément la loi du
plus fort; rien de limite, rien d'uniforme;
il n'avoit aucun des avantages qui pour-
roient le faire regretter, si ce n'est à des
gens enthousiasmés de leur dignité de
Noble jusqu'à la folie
Pourquoi, parmi tant de Philosophes
Grecs qui ont écrit sur la Politique pour
l'approfondir, aucun ne s'est avisé de
proposer un systême de Gouvernement,
consistant dans l'autorité d'un certain nom-
bre de Seigneurs subordonnés les uns aux
autres par les Droit de leur naissance, & par
la possession de certaines terres?
Ces Philosophes, ces premiers inven-
teurs des Loix, dans des tems où la
vertu étoit en honneur, & chez des Na-
tions si célebres par leur politique & par
leurs exploits, ont toujours dit au con-
traire, que, pour le bonheur d'un Etat, il
<127> falloit maintenir l'égalité entre Citoyens
autant qu'il se pouvoir.
Lycurgue commença sa législation en
partageant également les terres entre cha-
que habitant, afin qu'elles fussent mieux
cultivées, & que l'émulation se tournât
plutôt à la vertu qu'à l'opulence.
La différence des talens en mettra tou-
jours assez les fortunes; il y aura
même de ces inégalités qui seront vicieuses;
mais il est faux de dire qu'il soit à propos
qu'il y en ait, & ce n'est pas la seule oc-
casion où les raisonnemens confondent le
droit avec le fait, & prennent l'effet pour la
cause. Il y a des abus qu'on ne peut préve-
nir ni arrêter; mais en général, quoiqu'on
ne puisse jamais parvenir à la perfection,
par une suite de la foiblesse de l'humanité,
on y tend du moins & l'on en approche
autant qu'il se peut; il seroit à souhaiter
pour l'Etat qu'il ne passât aux enfans des
hommes distingués, que ce qu'il leur faut
justement pour les mettre en état de se
distinguer à leur tour, non par les oeuvres
d'autrui, mais par les leurs. Toute gran-
deur, toute fortune innée, est vicieuse
pour l'homme qui s'en contente & s'y
livre mal à propos; il doit y trouver la
perte de ses talens & de ses vertus per-
<128> sonnelles, & une source éternelle d'en-
nuis.
Les récompenses sont dues aux actions,
& les places à la capacité: voilà sans dif-
ficulté ce que disent la raison & la justice.
Le pouvoir qu'on reçoit avec la naissance,
ne se peut supporter que dans la personne
du Souverain; c'est dans ce cas privilégié
seul, que le droit successif héréditaire est
avantageux à une Nation. Il y auroit trop
d'inconvéniens à laisser le droit de com-
mander souverainement aux hommes, ou
à l'abandonner à l'arbitrage intéressé de
gens qui en jugeroient plutôt d'après leur
intèrêt personnel que conformément à celui
de l'Etat, & qui souvent même jugent mal
du leur. Le droit successif des Couronnes
est une méthode adoptée universellement
pour éviter les horribles inconvéniens
du droit d'élection. Comme alors il faut
qu'une Nation entiere se choisisse un
maître, qu'elle n'en a point encore, que
chaque Electeur peut user librement de
son droit, & que s'ils sont partagés, per-
sonne ne seroit en droit de les accorder,
cette Nation ne pourroit guere éviter de
tomber dans la crise la plus fâcheuse. Il
faut donc bien qu'elle convienne de quel-
<129> que moyen de se concilier, qu'elle se
donner, pour ainsi dire, un mot de rallie-
ment. C'est ainsi que, pour l'élection d'un
Roi de Perse, on convint d'obéir à celui
dont le cheval seroit le premier hennisse-
ment: de même & pas autrement, s'est-on
donné pour maître celui qui naîtroit le
premier d'un tel homme, ou d'une telle
femme, où qui seroit son plus proche pa-
rent.
Mais il est à desirer que le droit hérédi-
taire se borne aux Couronnes, en fait de
commandement sur les hommes; que toute
place inférieure soit assujettie aux choix du
Souverain, ou à une élection faite sous sa
protection, en vertu des regles prescrites
par l'autorité publique, & qu'elle puisse
faire observer; il faut que le pouvoir ne
dépende point de la naissance, car les
hommes subordonnés aux autres n'ont pas
besoin d'éprouver, pour chaque place qui
entraîne quelque autorité, les inconvéniens
attachés à l'imbécillité de l'enfance, à la
fougue de l'adolescence, à la décrépitude
de la vieillesse, & à l'ignorance habituelle,
résultante d'une supériorité ordonnée sans
choix, & conférée sans examen.
Dès que l'Etat est pourvu d'un Roi, c'est
à lui à pourvoir son Royaume d'hommes
<130> capables de le seconder; par conséquent
tout pouvoir inné sous un Roi est vicieux
& réprobable.
Dans les Républiques, comme dans les
Monarchies, la puissance publique est une:
tous les suffrages doivent se réunir à un
centre d'où partent & c'est les autres pouvoirs
subordonnés.
Cependant les partisans du Gouverne-
ment féodal ont vanté avec emphase la
belle chose que c'étoit de voir un Roi
commander une armée de Rois. Effective-
ment les grands Vassaux s'étoient fait Sou-
verains, & ceux-ci en avoient d'autres sous
eux jusqu'à l'infini.
Ce n'étoit que confusion & barbarie de
toute part; la violence est une suite de
l'Anarchie: on en vint bientôt à se faire
la guerre ouvertement de fiefs à fiefs, &
on forma un droit légitime de guerres
privées.
Les duels d'homme à homme furent aussi
mis en règle. On les rangea du nombre
des droits de la Noblesse. M.. de Boulain
villiers a cru devoir, en brave Gentil-
homme, regretter les guerres privées: peu
s'en faut qu'il ne se récrie contre la Loi qui
a aboli les duels
Le grand avantage, dit-on, du Gou-
<131> vernement féodal, étoit la facilité qu'a-
voient nos Rois de lever de grandes ar-
mées & de les faire subsister sans charger
les Peuples d'impôts: les premiers Vassaux
amenoient leurs Sujets & obligeoient les
arrières-Vassaux à conduire les leurs.
Tous les Auteurs ont assez parlé de cette
milice brave à la vérité selon le naturel
de notre Nation, peut-être même plus
vigoureuse qu'aujourd'hui, dans ce temps
où la nature étoit plus neuve, & moins
corrompue par la molesse.
Mais les Peuples n'en étoient que plus
chargés, par le tort qu'une violence auto-
risée faisoit aux terres & aux habitans qui
n'avoient aucun appui où ils pussent re-
courir.
Ces armées étoient sans discipline, &
il n'étoit pas possible de l'y introduire;
nos voisins n'étoient pas plus policés que
nous. Ces troupes arrivoient tard & se
séparoient de bonne heure: on fait que,
suivant l'usage des fiefs, les Vassaux n'é-
toient obligés qu'à quarante jours de ser-
vice.
Les malheureux feudataires ne savoient
comment se conduire, en vertu de cette
prétendue subordination des fiefs les uns
aux autres. L'arriere-Vassal répondoit,
<132> pour ainsi dire, de la félonie de son Sei-
gneur immédiat; de quelque côté qu'il se
tournât alors, il tomboit toujours en com-
mise, soit à l'égard du Suzerain premier
& dont il ne dépendoit que médiatement,
soit à l'égard du second Seigneur, de qui
il relevoit directement. On ne finiroit
point sur les inconvéniens d'un tel Gouver-
nement. La meilleure preuve qu'il n'étoit
pas soutenable, c'est que l'on y a renoncé,
qu'aucune Nation ne s'y conforme plus;
que si on en a conservé quelques traces,
on a lieu de s'en repentir, & que nous ne
verrons certainement jamais renaître une
forme d'administration aussi vicieuse