[J.M.GALLANAR=éditeur]
JEAN JACQUES ROUSSEAU
FRAGMENS POUR UN DICTIONNAIRE DES TERMES
D'USAGE EN BOTANIQUE.
[1771-mai 1774 ; manuscrit inconnu; le
Pléiade édition, t. IV, pp. 1199-1247.=Du
Peyrou/Moultou 1780-89 quarto édition, t. VII, pp.
459-527.]
[459] FRAGMENS POUR UN DICTIONNAIRE DES
TERMES D'USAGE EN
BOTANIQUE.
[460] AVIS DES EDITEURS .
Il paroit
par ces Fragmens , que le projet
de M. Rousseau etoit de faciliter l'intelligence des
termes usités chez les Botanistes :il est fâcheux qu'il n'ait laisse
sur ce sujet intéressant
que des brouillons, peut-être aussi incomplets par les articles qu'il a
ébauches , que par
ceux qu'il n'a point traites. Mais nous avons pense que, malgré leur
imperfection , ces
Fragmens meritoient de voir le jour, &, quelque défectueux qu'ils
puisent être, nous
n'avons voulu essayer , ni de suppléer aux articles qui manquent , ni
de corriger ou finir
ceux qui sont faits; tout au plus avons-nous ose nous permettre de
faire disparoitre
quelques obscurités , ou quelques défauts de style qui avoient échappe
à la premiere
composition .
[461] INTRODUCTION .
Le premier malheur de la Botanique est
d'avoir été regardée des sa naissance, comme une
partie de la Médecine. Cela fit qu'on ne s'attacha qu'a trouver ou
supposer des vertus aux
plantes, & qu'on négligea la connoissance des plantes mêmes; car
comment se livrer aux
courses immenses & continuelles qu'exige cette recherche, & en
même tems aux travaux
sédentaires du laboratoire & aux traitemens des malades , par
lesquels on parvient à
s'assurer de la nature des substances végétales, & de leurs effets
dans le corps humain.
Cette fausse maniere d'envisager la Botanique en à long-tems rétréci
l'étude au point de
la borner presque aux plantes usuelles , & de réduire. la chaîne
végétal à un petit
nombre de chaînons interrompus. Encore ces chaînons mêmes ont-ils été
très-mal étudies, parce qu'on y regardoit seulement la matiere &
non pas l'organisation. Comment
se seroit-on beaucoup occupe de la structure organique d'une substance,
ou plutôt d'une
masse ramifiée qu'on ne songeoit qu'a piler dans un mortier ? On ne
cherchoit des plantes
que pour trouver des remèdes, on ne cherchoit pas, des plantes mais des
simples. C'etoit
fort. bien fait, dira-t-on ; [462] soit. Mais il n'en a. pas moins
résulté l'on connoissoit fort
bien les remèdes , on ne laissoit pas de connoitre sort mal les
plantes; & c'est tout ce que
j'avance ici.
La Botanique n'etoit rien, il n'y avoit point d' étude de la Botanique,
& ceux qui se
piquoient le plus connoitre les plantes n'avoient aucune idée, ni de
leur structure , ni de
l'économie végétal. Chacun connoissoit de vue cinq ou six plantes de
son canton
auxquelles il donnoit des noms au hazard enrichis de vertus
merveilleuses qu'il lui plaisoit
de leur supposer, & chacune de ces plantes changée en panacée
universelle suffisoit seule
pour immortaliser tout le genre-humain plantes . Ces plantes
transformées en beaume &
en en emplâtres disparoissoient promptement , & faisoient bientôt
place à d'autres
auxquelles de nouveaux venus, pour se distinguer , attribuoient les
mêmes effets. Tantôt
c'etoit une plante nouvelle qu'on décoroit d'anciennes vertus , &
tantôt d'anciennes
plantes proposées sous de nouveaux noms suffisoient pour enrichir de
nouveaux
charlatans. Ces plantes a voient des noms vulgaires différens dans
chaque canton, & ceux
qui les indiquoient pour leurs drogues , ne leur donnoient que des noms
connus tout au
plus dans le lieu qu'ils habitoient ; & quand leurs récipés
couroient dans d'autres pays on
ne savoit plus de quelle [463] plante il y etoit parle; chacun en
substituoit une à sa
fantaisie, sans autre soin que de lui donner le même nom . Voilà tout
l'art que les
Myrepsus, les Hildegardes, les Suardus , les Villanova & les autres
Docteurs de ces tems-là
mettoient à l'étude des plantes, dont ils ont parle dans leurs livres,
& il feroit difficile peut- être au peuple d'en reconnoître une
seule sur leurs noms ou sur leurs descriptions.
A la renaissance des Lettres tout disparut pour faire place aux anciens
livres ; il n'y eut
plus rien de bon & de vrai que ce qui etoit dans Aristote &
dans Galien. Au lieu d'étudier
les plantes sur la terre , on ne les étudioit plus que dans Pline &
Dioscoride , & il n'y a rien
si fréquent dans les Auteurs de ces tems-là, que d'y voir nier
l'existence d'une plante par
l'unique raison que Dioscoride n'en a pas parle. Mais ces doctes
plantes , il faloit pourtant
les trouver en nature , pour les employer selon les préceptes du
maître. Alors on s'évertua
, l'on se mit a chercher, à observer , à conjecturer & chacun ne
manqua pas de faire tous
ses efforts pour trouver dans la plante qu'il avoit choisie les
caracteres décrits dans son
auteur ; & comme les traducteurs , les commentateurs,. les
praticiens s'accordoient
rarement sur le choix , on donnoit vingt noms a. la même plante, &
a vingt plantes le. mere
nom , chacun soutenant que [464] la sienne etoit la véritable, &
que toutes les autres
n'étant pas celle dont Dioscoride avoit parle devoient être proscrites
de dessus la terre. De
ce conflit résulterent enfin des recherches, à la vérité, plus
attentives & quelques bonnes
observations qui mériterent d'être conservées, mais en même tems un tel
cahos de
nomenclature que les Médecins & les Herboristes avoient absolument
cesse de s'entendre
entr'eux : il ne pouvoit plus y avoir communication de lumieres, il n'y
avoit plus des
disputes de mots & de noms, & même toutes les recherches &
descriptions utiles etoient
perdues faute de pouvoir décider de quelle plante chaque au avoit parle.
Il commença pourtant à se former de vrais Botanistes , tels que
Clusius, Cordus , Cesalpin
, Gesner , & a se faire de bons livres & instructifs sur cette
matiere, dans lesquels même on
trouve déjà quelques traces de méthode . Et c'etoit certainement une
perte que ces pieces
devinssent inutiles & inintelligibles par la seule discordance des
noms . Mais de cela même
que les auteurs commençoient à réunir les especes & à séparer les
genres , chacun selon
sa maniere d'observer le port & la structure apparente , il résulta
de nouveaux
inconvéniens & une nouvelle obscurité , parce que claque auteur
réglant sa nomenclature
sur sa méthode créoit de nouveaux genres, ou separoit [465] les anciens
selon que le
requéroit le caractere des siens. De sorte qu'especes & genres,
tout etoit tellement mêle ,
qu'il n'y avoit presque pas de plante qui n'eut autant de noms
différens, qu'il y avoit
d'auteurs qui l'avoient décrite ; ce qui rendort l'étude de la
concordance aussi longue &
souvent plus difficile celle des plantes même.
Enfin parurent ces deux illustres freres ,
qui ont plus fait eux seuls pour le progrès de la
Botanique, que tous les autres ensemble qui les ont précédés & même
suivis jusqu'a
Tournefort. Hommes rares, dont le savoir immense & les solides
travaux consacres à la
Botanique , les rendent dignes de l'immortalité qu'ils leur ont
acquise. Car tant que cette
science naturelle ne tombera pas dans l'oubli , les noms de Jean &
de Gaspard Bauhin
vivront avec elle dans la mémoire des hommes.
Ces deux hommes entreprirent, chacun de son
cote , une histoire universelle des plantes, &.
ce qui se rapporte plus immédiatement à cet article , ils entreprirent
l'un & l'autre d'y
joindre une synonymie , c'est-à-dire, une liste exacte des noms que
chacune d'elles portoit
dans tous les auteurs qui les avoient précédés. Ce travail devenoit
absolument nécessaire
pour qu'on put profiter des observations de chacun d'eux; car sans cela
il devenoit presque
impossible de suivre & démêler chaque plante à travers tant de noms
différens .
[466] L'aine a exécute à-peu-près cette
entreprise dans les trois volumes in-folio qu'on a
imprimes après sa mort, & il y a joint une critique si juste, qu'il
s'est rarement trompe
dans ses synonymies.
Le plan de son frere etoit encore plus
vaste., comme il paroit par le premier volume qu'il en
a donne & qui peut faire juger de l'immensité de tout l'ouvrage ,
s'il eut en le tems de
l'exécuter ; mais au volume près dont je viens de parler, nous n'avons
que les titres du
reste dans son pinax, & ce pinax, fruit de quarante de travail est
encore aujourd'hui le
guide de tous ceux qui veulent travailler sur cette matiere &
consulter les anciens auteurs.
Comme la nomenclature des Bauhins n'etoit
formée que des titres de leurs chapitres, &
que ces titres prenoient ordinairement plusieurs mots, de-la vient
l'habitude de n'employer
pour noms de plantes que des phrases louches assez longues , ce qui
rendoit cet
nomenclature non-seulement traînante & embarrassante , mais
pédantesque & ridicule. Il
y auroit à cela, je l'avoue , quelque avantage, si ces phrases avoient
été mieux faites; mais
composées indifféremment des noms des lieux d'ou venoient ces plantes,
des noms des gens
qui les avoient envoyées , & même des noms d'autres plantes avec
lesquelles on leur
trouvoit quelque similitude , ces phrases [467] etoient des sources de
nouveaux embarras &
de nouveaux doutes , puisque la connoissance d'une seule plante
exigeoit celle de plusieurs
autres, auxquelles sa phrase renvoyoit , & dont les noms n'etoient
pas plus détermines que
le sien.
Cependant les voyages de long cours
enrichissoient incessamment la Botanique de
nouveaux trésors, & tandis que les anciens noms accabloient déjà la
mémoire , il en faloit
inventer de nouveaux sans cesse pour les plantes nouvelles qu'on
decouvroit. Perdus dans
ce labyrinthe immense , les Botanistes forces de chercher un fil pour
s'en tirer ,
s'attachèrent enfin sérieusement à la méthode; Herman, Rivin, Ray,
proposèrent chacun
la sienne ; mais l'immortel Tournefort l'emporta sur eux tous; il
rangea le premier
systématiquement tout le regne végétal; & reformant en partie la
nomenclature, la
combina par ses nouveaux genres avec celle de Gaspard Bauhin. Mais loin
de la
débarrasser de ses longues phrases, ou il en ajouta de nouvelles, ou il
chargea les anciennes
des additions que sa méthode le forçoit d'y faire. Alors s'introduisit
l'usage barbare de lier
les nouveaux noms aux anciens par un qui quae quod contradictoire, qui
d'une même
plante faisoit deux genres tout différens.
Dens Leonis qui pilosella folio minus
villoso ; Doria quae Jacobaea orientales limonii folio:
Titanokeratophyton quod Lithophyton marinum albicans.
[468] Ainsi la nomenclature se chargeoit.
Les noms des plantes devenoient non-seulement
des phrases mais des périodes. Je n'en citerai qu'un seul de Plukenet
qui prouvera que je
n'exagère pas. " Gramen myloicophorum carolinianum seu gramen
altissimum, panicula
maxima speciosa , e specis majoribus compressiusculis utrinque pinnatis
blattam
molendariam quodam modo referentibus , composita, foliis convolutus
mucronatis
pungentibus." Almag. 137.
C'en etoit fait de la Botanique si ces
pratiques eussent été suivies; devenue absolument
insupportable , la nomenclature ne pouvoit plus subsister dans cet
etat, & il faloit de toute
nécessité qu'il s'y fit une reforme ou que la plus riche, la plus
aimable, la plus facile des
trois parties de l'Histoire naturelle fut abandonnée.
Enfin M. Linnaeus plein de ton système
sexuel & des vastes idées qu'il lui avoit suggérées
, forma le projet d'une refonte générale dont tout le monde sentoit le
besoin , mais dont
nul n'osoit tenter l'entreprise. Il fit plus , il l'exécuta, &
après avoir préparé dans son
Critica Botanica les regles sur lesquelles ce travail devoit être il
conduit, il détermina dans
son Genera plantarum ces genres des plantes , ensuite les especes dans
son Species; de sorte
que gardant tous les anciens noms qui pouvoient s'accorder avec ces
nouvelles regles &
refondant tous les autres , il établit [469] enfin une nomenclature éclairée, sur les vrais
principes de l'art qu'il avoit lui-même exposes . I1 conserva tous ceux
des anciens genres
qui etoient vraiment naturels , il corrigea, simplifia, réunit ou
divisa les autres selon que le
requeroient les vrais caracteres. Et dans la confection des noms , il
suivoit quelquefois
même un peu trop sévèrement ses propres regles .
A l'égard des especes , il faloit bien pour
les déterminer des descriptions & des différences;
ainsi les phrases restoient toujours indispensables , mais s'y bornant
à un petit nombre de
mots techniques bien choisis & bien adaptes , il s'attacha à faire
de bonnes & brèves
définitions tirées des vrais caracteres de la plante , bannissant
rigoureusement tout ce qui
lui etoit etranger . Il falut pour cela créer, pour ainsi dire , à la
Botanique une nouvelle
langue qui épargnât ce long circuit de paroles qu'on voit dans les
anciennes descriptions .
On s'est plaint que les mots de cette langue n'etoient pas tous dans
Ciceron. Cette plainte
auroit un sens raisonnable , si Ciceron eut fait un traite complet de
Botanique . Ces mots
cependant sont tous grecs ou latins, expressifs, courts , sonores,
&. forment même des
constructions élégantes par leur extrême précision. C'est dans la
pratique journalière de
l'art, qu'on sent tout l'avantage de cette nouvelle langue , aussi
commode & nécessaite
Botanistes qu'est celle de l'Algebre aux Géometres .
[470] Jusque-là M. Linnaeus avoit
détermine le plus grand nombre des plantes connues ,
mais il ne les avoit pas nommées : car ce n'es pas nommer une chose que
de la définir ; une
phrase ne sera jamais un vrai nom & n'en sauroit avoir l'usage . Il
pourvut a ce défaut par
l'invention des noms triviaux , qu'il joignit à ceux des genres pour
distinguer les especes .
De cette maniere le nom de chaque plante n'est compose jamais que de
deux mots , & ces
deux mots seuls choisis avec discernement & appliques avec justesse
, sont souvent mieux
connoitre la plante que ne faisoient les longues phrases Micheli &
de Plukenet . Pour la
connoitre mieux encore & plus réguliérement, on a la phrase qu'il
faut savoir sans doute ,
mais qu'on n'a plus besoin de répéter à tout propos lorsqu'il ne faut
que nommer l'objet.
Rien n'etoit plus maussade & plus
ridicule lorsqu'une femme ou quelqu'un de ces hommes
qui leur ressemblent , vous demandoient le nom d'une herbe on d'une
fleur dans un jardin ,
que le nécessité de cracher en réponse une longue enfilade de mots
latins qui
ressembloient à des évocations magiques ; inconvénient suffisant pour
rebuter ces
personnes frivoles d'une étude charmante offerte avec un appareil aussi
pédantesque .
Quelque nécessaire , quelque avantageuse
que fut cette reforme , il ne faloit pas moins que
le profond savoir de [471] M. Linnaeus pour la faire avec succès, &
que la, célébrité de
grand naturaliste pour la faire universellement adopter. Elle a d'abord
éprouve de la
résistance, elle en éprouve encore. Cela ne sauroit être autrement, ses
rivaux dans la
même carrière regardent cette adoption comme un aveu d'infériorité
qu'ils n'ont garde
de faire ; sa nomenclature paroit tenir tellement à son système, qu'on
ne s'avise gueres de
l'en séparer. Et les Botanistes du premier ordre, qui se croient
obliges par hauteur de
n'adopter le système de personne & d'avoir chacun le sien , n'iront
pas sacrifier leurs
prétentions aux progrès d'un art dont l'amour dans ceux qui le
professent est rarement
désintéresse .
Les jalousies nationales s'opposent encore
à l'admission d'un système etranger. On se croit
oblige de soutenir les illustres de son pays , sur-tout lorsqu'ils ont
cesse de vivre ; car même
l'amour-propre qui faisoit souffrir avec peine leur supériorité durant
leur vie , s'honore
de leur gloire
après leur mort.
Malgré tout cela, la grande commodité de
cette nouvelle nomenclature & son utilité que
l'usage à fait connoitre , l'ont fait adopter presque universellement
dans toute Europe
plutôt ou plus tard , à la vérité, main enfin àpeu-près par-tout,
& même à Paris. M. de
Juffeu vient de l'établir au jardin du Roi , préférant ainsi l'utilité
[472] publique à la
gloire d'une nouvelle refonte que sembloit demander la méthode des
familles naturelles
dont son illustre oncle est l'auteur. Ce n'est pas que cette
nomenclature Linnéene n'ait
encore ses défauts & ne laisse de grandes prises à la critique ;
mais en attendant qu'on en
trouve une plus parfaite à qui rien ne manquer , il vaut cent fois
mieux adopter celle - la
que de n'en avoir aucune , ou de retomber dans les phrases de
Tournefort & de Gaspard
Bauhin . J'ai même peine à croire qu'une meilleure nomenclature put
avoir désormais
assez de succès pour proscrire celle-ci , à laquelle les Botanistes de
l'Europe sont déjà
tout accoutumes, & c'est par la double chaîne de l'habitude &
de la. commodité qu'ils y
renonceroient avec plus de peine encore qu'ils n'en eurent à l'adopter
. Il faudroit, pour
opérer ce changement , un auteur dont le crédit effacât celui de M.
Linnaeus, & à
l'autorité duquel l'Europe entiere voulut se soumettre une seconde fois
, ce qui me paroit
difficile à espérer. Car si son système , quelque excellent qu'il
puisse être, n'est adopte
que par une seule nation, il jettera la Botanique dans un nouveau
labyrinthe , & nuira plus
qu'il ne servira .
La travail même de M. Linnaeus , bien
qu'immense , reste encore imparfait , tant qu'il ne
comprend pas toutes les plantes connues, & tant qu'il n'est pas
adopte par tous les
Botanistes sans exception: car les livres de [473] ceux qui ne s'y
soumettent pas, exigent de
la part des lecteurs , le même travail pour la concordance auquel ils
étoient forcés pour les
livres qui ont précédé. On a obligation à M. Crantz, malgré sa passion
contre M.
Linnaeus, d'avoir, en rejettent son système, adopte sa nomenclature.
Mais M. Haller, dans
son grand & excellent traite des plantes alpines, rejette a. la
fois
l'un & l'autre , & M.
Adanson fait encore plus, il prend une nomenclature toute nouvelle
& ne fournit aucun
renseignement pour y rapporter celle de M. Linnaeus. M. Haller cite
toujours les genres &
quelquefois les phrases des especes de M. Linnaeus , mais M. Adanson
n'en cite jamais ni
genre ni phrases. M. Haller s'attache à une synonymie exacte, par
laquelle, quand il n'y
joint pas la phrase de M. Linnaeus, on peut du moins la trouver
indirectement par le
rapport des synonymes . Mais M. Linnaeus & ses livres sont
tout-à-fait nuls pour M.
Adanson & pour ses lecteurs , il ne laisse aucun renseignement par
lequel on s'y puisse
reconnoître. Ainsi il faut opter entre M. Linnaeus & M. Adanson qui
l'exclud sans
miséricorde, & jetter tous les livres de l'un ou de l'autre au feu.
Ou bien il faut
entreprendre un nouveau travail qui ne sera ni court ni facile pour
faire accorder deux
nomenclatures, qui n'offrent aucun point de réunion.
De plus, M. Linnaeus n'a point donne une
synonymie [474] complete . Il s'est contente pour
les plantes anciennement connues de citer les Pauhins & Clusius ,
& une figure de chaque
plante . Pour les plantes exotiques découvertes récemment , il a cite
un ou deux auteurs
modernes & les figures Rheedi , de Rumphius & quelques autres ,
& s'en est tenu-là . Son
entreprise n'exigeoit pas de lui une compilation plus étendue , &
c'etoit assez qu'il donnât
un seul renseignement sur pour chaque plante dont il parloit .
Tel est l'etat actuel des choses. Or sur
cet expose je demande à tout lecture sensé comment
il est possible de s'attacher à l'étude des plantes , en rejettant
celle de la nomenclature ?
c'est comme si l'on vouloit se rendre savant dans une langue sans
vouloir en apprendre les
mots . Il est vrai que les noms sont arbitraires , que la connoissance
des plantes ne tient
point nécessairement à celle de la nomenclature , & qu'il est aise
de supposer qu'un
homme intelligent pourroit être un excellent Botaniste , quoiqu'il ne
connut pas une seule
plante par son nom . Mais qu'un homme seul , sans livres & sans
aucun secours des
lumieres communiquées , parvienne à devenir de lui-même un
très-médiocre Botaniste ,
c'est une assertion ridicule à faire & une entreprise impossible à
exécuter . Il s'agit de
savoir si trois cents ans d'études & d'observations doivent être
perdus pour la Botanique ,
si trois cents [475] volumes de figures & de descriptions doivent
être jettes au feu, si les
connoissances acquises par tous les savans , qui ont consacre leur
bourse, leur vie & leurs
veilles à des voyages immenses , coûteux , pénibles & périlleux
doivent être inutiles à
leurs successeurs , & si chacun partant toujours de zéro pour son
premier point, pourra
parvenir de lui-même aux mêmes connoissances qu'une longue suite de
recherches &
d'études à répandues dans la masse du genre-humain. Si cela n'est pas
& que la troisieme
& plus aimable partie de l'histoire naturelle mérite l'attention
des curieux , qu'on me dise
comment on s'y prendra pour faire usage des connoissances ci-devant
acquises , si l'on ne
commence par apprendre la langue des auteurs & par savoir à quels
objets se rapportent
les noms employés par chacun d'eux. Admettre l'étude de la Botanique
& rejetter celle de
la nomenclature , c'est donc tomber dans la plus absurde contradiction.
[477] FRAGMENS POUR UN DICTIONNAIRE DES
TERMES D'USAGE EN
BOTANIQUE.
ABRUPTE. On donne l'épithete d'Abrupte aux
feuilles pintées , au sommet desquelles
manque la foliole impaire terminale qu'elles ont ordinairement.
ABRUVOIRS, ou goutieres. Trous qui se
forment dans le bois pourri des chicots , & qui
retenant l'eau des pluies , pourrissent enfin le reste du tronc.
ACAULIS, sans tige.
AIGRETTE . Touffe de filamens simples ou
plumeux qui couronnent les semences dans
plusieurs genres de composées & d'autres fleurs. L'Aigrette est ou
sessile , c'est-à-dire,
immédiatement attachée autour de l'embrion qui les porte, ou pédiculée
, c'est-à-dire ,
portée par un pied appelle en latin Stipes qui la tient élevée
au-dessus de l'embrion.
L'Aigrette sert d'abord de calice au fleuron, ensuite elle le pousse
& le chasse à mesure
qu'il se fane pour qu'il ne reste pas sous la semence & ne
l'empêche pas de mûrir; elle
garantit cette même semence nue à de l'eau de la pluie qui pourroit la
pourrir ; & lorsque
la semence [478] est mure , elle lui sert d'aile pour être portée &
disséminée au loin par
les vents .
AILÉE. Une feuille composée de deux
folioles opposées sur le même pétiole , s'appelle feuille allée.
AISSELLE. Angle aigu ou droit , forme par
une branche sur une autre branche ou sur la
tige, ou par une feuille sur une branche.
AMANDE. Semence enfermée dans un noyau .
ANDROGYNE. Qui porte des fleurs mâles &
des fleurs semelles sur le même pied, Ces
mots Androgyne
& Monoique signifient absolument la même chose. Excepte que
dans le
premier on fait plus d'attention au différent sexe des fleurs , &
dans le second à leur
assemblage sur le même individu .
ANGIOSPERME, à semences enveloppées . Ce
terme d'angiosperme convient également
aux fruits à capsule & aux fruits à baye.
ANTHERE. Capsule ou boëte portée par le
filet de l'étamine , & qui s'ouvrant au
moment de la fécondation , répand la poussiere prolifique.
ANTHOLOGIE. Discours sur les fleurs . C'est
le titre d'un livre de Pontedera , dans lequel
il combat de toute sa force le système sexuel qu'il eut sans doute
adopte lui-même , si les
ecrits de Vaillant & de Linnaeus avoient précédé le sien .
APHRODITES. M. Adanson donne ce nom à des
animaux dont chaque individu reproduit
son semblable par le génération , mais sans aucun acte extérieur de
copulation ou de
fécondation , tels que quelques pucerons , les conques, la plupart des
vers sans sexe , les
infectes qui se reproduisent sans génération , mais [479] par la
section d'une partie de leur
corps. En ce sens les plantes qui se multiplient par boutures & par
caieux peuvent être
appelées aussi Aphrodites. Cette irrégularité si contraire à la marche
ordinaire de la
nature, offre bien des difficultés à la définition de l'espece: est-ce
qu'a proprement parler
il n'existeroit point d'especes dans la nature, mais seulement des
individus ? Mais on peut
douter , je crois , s'il est des plantes absolument Aphrodites,
c'est-à-dire, qui n'ont
réellement point de sexe & ne peuvent se multiplier par copulation.
Au reste , il y a cette
différence entre ces deux mots Aphrodite
& Asexe, que le premier
s'applique aux plantes
qui n'ayant point de sexe ne laissent pas de multiplier; au lieu que
l'autre ne convient qu'a
celles qui sont neutres ou stériles & incapables de reproduire leur
semblable.
APHYLLE . On pourroit dire effeuillé , mais
effeuille signifie dont on a ôte les feuilles , &
Aphylle qui n'en a point.
ARBRE . Plante d'une grandeur considérable,
qui n'a qu'un seul & principal tronc divise
en maîtresses branches.
ARBRISSEAU . Plante ligneuse de moindre
taille que l'arbre , laquelle se divise
ordinairement des la racine en plusieurs tiges. Les arbres & les
arbrisseaux poussent en
automne des boutons dans les aisselles des feuilles qui se développent
dans le printems
s'épanouissent en fleurs. & en fruits ; différence qui les
distingue des sous-arbrisseaux.
ARTICULE . Tige, racines, feuilles,
silique; se dit lorsque quelqu'une de ces parties de la
plante se trouve coupée par des nœuds distribues de distance en
distance.
AXILLAIRE . Qui sort d'une aisselle .
[480] BALE. Calice dans les graminées.
BAYE. Fruit charnu ou succulent à une ou
plusieurs loges .
BOULON. Groupe de fleurettes amassées en
tête .
BOUTON. Germe des fleurs.
BOUTURE. Est une jeune branche que l'on
coupe à certains arbres moelleux, tels que le
figuier , le saule, le coignassier , laquelle reprend en terre sans
racine. La réussite des
boutures dépend plutôt de leur facilite à produire des racines , que de
l'abondance de la
moelle des branches; car l'oranger , le buis , l'if & la sabine
qui ont peu de moelle ,
reprennent facilement de bouture.
BRANCHES. Bras plians & élastiques du
corps de l'arbre , ce sont elles qui lui donnent la
figure ; elles sont ou alternes , ou opposées, ou verticillées. Le
bourgeon s'étend peu-à-peu
en branches posées collatéralement & composées des mêmes parties de
la tige , & l'on
prétend que l'agitation des branches causée par le vent est aux arbres
ce qu'est aux
animaux l'impulsion du cœur. On distingue,
1°. Les maîtresses branches, qui tiennent immédiatement au tronc , & d'ou partent toutes les autres.
2°. Les branches à bois, qui étant les plus grosses & pleines de boutons plats , donnent la forme à un arbre fruitier , & doivent le conserver en partie.
3°. Les branches à fruits sont plus foibles & ont des boutons ronds.
4°. Les chiffonnes sont courtes & menues.
5°. Les gourmandes sont grosses, droites & longues .
[481] 6°. Les Veules sont longues & ne promettent aucune fécondité.
7°. La branche aoûtée est celle qui, après le mois d'Août , pris naissance , s'endurcit & devient noirâtre.
8°. Enfin, la branche de faux-bois est
grosse à l'endroit ou elle devroit être menue , & ne
donne aucune marque de fécondité.
BULBE . Est une racine orbiculaire composée
de plusieurs peaux ou tuniques emboîtées
les unes dans les autres. Les bulbes sont plutôt des boutons sous terre
que des racines ; ils
sont eux-mêmes de véritables , généralement presque cylindriques &
rameuses.
CALICE . Enveloppe extérieure ou soutien
des autres parties de la fleur, &c. Comme il y a
des plantes qui n'ont point de calice , il y en a aux dont le calice se
métamorphose
peu-à-peu en feuilles de la plante , & réciproquement il y en a
dont les feuilles de la plante
se changent en calice : c'est ce qui se voit dans la famille de
quelques renoncules, comme
l'Anémone, la Pulsatille , &c.
CAMPANIFORME , ou Campanulée. Voyez Cloche.
CAPILLAIRES . On appelle feuilles
capillaires dans la famille des mousses celles qui sont
déliées comme des cheveux. C'est ce qu'on trouve souvent exprime dans
le synopsis de
Ray, & dans l'histoire des mousses de Dillen Par le mot grec de
Trichodes .
On donne aussi le nom de Capillaires à une
branche de la famille des fougeres, qui porte
comme elles sa fructification sur le dos des feuilles , & ne s'en
distingue que par la stature
des plantes qui la composent, beaucoup plus petite dans les capillaires
que dans les
fougeres.
[482] CAPRIFICATION . Fécondation des
fleurs femelles d'une forte de Figuier dioique
par la poussiere des étamines de l'individu mâle appelle caprifiguier.
Au moyen de cette
opération de la nature , aidée en cela de l'industrie humaine, les
figues ainsi secondées
grossissent , mûrissent & donnent une récolte meilleure & plus
abondante qu'on ne
l'obtiendroit sans cela.
La merveille de cette opération consiste en
ce que , dans le genre du Figuier, les fleurs étant encloses dans le
fruit , il n'y a que celles qui sont hermaphrodites ou androgynes qui
semblent pouvoir être secondées ; car quand les sexes sont tout-à-fait
sépares , on ne voit
pas comment la poussiere des fleurs mâles pourroit pénétrer sa propre
enveloppe & celle
du fruit femelle jusqu'aux pistils qu'elle doit seconder, c'est un
infecte qui se charge de ce
transport. Une sorte de moucheron particuliere au caprifiguier y pond,
y éclos., s'y couvre
de la poussiere des étamines , la porte par l'œil de la figue à
travers les écailles qui en
garnissent l'entrée,. jusques dans l'intérieur du fruit , & la ,
cette poussiere ne trouvant
plus d'obstacle , se dépose sur l'organe destine à la recevoir.
L'histoire de cette opération a été
détaillée en premier lieu par Théophraste , le premier
, le plus savant ou , pour mieux dire, l'unique & vrai Botaniste de
l'antiquité , & après lui
par Pline chez les anciens. Chez les modernes par Jean Bauhin , puis
par Tournefort fur les
lieux mêmes, après lui par Pontedera , & par tous les compilateurs
de Botanique &
d'Histoire naturelle qui n'ont fait que transcrire la relation de
Tournefort .
CAPSULAIRE. Les plantes capsulaires sont
celles dont. [483] le fruit est à celles. Ray a fait
de cette division sa dix-neuvieme classe. Herba vasculisera.
CAPSULE. Péricarpe sec d'un fruit sec; car
on ne donne point , par exemple, le nom de
capsule à l'écorce de la Grenade, quoiqu'aussi sèche & dure que
beaucoup d'autres
capsules, parce qu'elle enveloppe un fruit mou.
CAPUCHON , CALYPTRA. Coeffe pointue qui
couvre ordinairement l'une des mousses .
Le capuchon est d'abord adhérent à l'urne, mais ensuite il se détache
& tombe quand elle
approche de la maturité.
CARYOPHYLLEE. Fleur CARYOPHYLLEE ou en
œillet.
CAYEUX. Bulbes par lesquelles plusieurs
liliacées & autres plantes se reproduisent.
CHATON. Assemblage de fleurs mâles ou
femelles spiralement attachées à un axe ou
réceptacle commun, autour duquel ces fleurs prennent la figure d'une
queue de chat. Il y a
plus d'arbres a chatons mâles qu'il n'y en a qui aient aussi des
chatons femelles.
CHAUME. ( Culmus ) Nom particulier dont on
distingue la tige graminées de celles des
autres plantes, & à qui l'on donne pour caractere propre d'être
géniculée & fistuleuse ,
quoique beaucoup d'autres plantes aient ce même caractere & que les
Lêches & divers
gramens des Indes ne l'aient pas. On ajoute que le chaume n'est jamais
rameux , ce qui
néanmoins souffre encore exception dans l'Arundo calamagrostis &
dans d'autres .
CLOCHE. Fleurs en cloche ou campaniformes.
COLORE Les calices , les bâles , les
écailles , les enveloppes , [484] les parties extérieures
des plantes qui sont vertes ou grises , communément sont dites colorées
lorsqu'elles ont
une couleur plus éclatante & plus vive que leurs semblables, tels
sont les calices de la
Circée , de la Moutarde , de la Carline ; les enveloppes de
l'Astrantia: la corolle des
Ornithogales blancs & jaunes est verte en dessous & colorée en
dessus ; les écailles du
Xeranthême sont si colorées qu'on les prendroit pour des pétales ,
& le calice du Polygala
, d'abord très-colore, perd sa couleur peu-à-peu , & prend enfin
celle d'un calice ordinaire
.
CORDON ombilical dans les capillaires &
fougeres.
CORNET. Sorte de nectaire infundibuliforme.
CORYMBE . Disposition de fleur qui tient le
milieu entre l'ombelle & la panicule; les
pédicules sont gradues le long de la tige comme dans la panicule ,
& arrivent tous à la
même hauteur , formant a. leur sommet une surface plane.
Le corymbe diffère de l'ombelle , en ce que
les pédicules qui le forment au lieu de partir
du même centre , par différentes. hauteurs , de divers points sur le
même axe.
CORYMBIFERES. Ce mot sembleroit devoir
designer les plantes à fleurs en corymbe,
comme celui d'ombelliseres
désigne les plantes à fleurs en parasol. Mais
l'usage n'a pas
autorise cette analogie; l'acception dont je vais parler n'est pas même
fort usitée , mais
comme elle a été employée par Ray & par d'autres Botanistes ; il la
faut connoitre pour
les entendre .
Les plantes corymbiferes sont donc dans la
classe des composées , & dans la section des
discoÏdes celles qui portent leurs semences nues, c'est-à-dire , sans
aigrettes ni filets qui les
couronnent; tels sont les Bidens, les Armoises , la Tanaisie, &c.
[485] On observera que les
demi-fleuronnées à semences nues comme la Lampsane , l'Hyoseris , la
Catanance, &c. ne
s'appellent pas cependant corymbiferes , parce qu'elles ne sont pas du
nombre des
discoides .
COSSE . Péricarpe des fruits légumineux. La
cosse est composée ordinairement de deux
valvules; & quelquefois n'en a qu'une seule.
COSSON . Nouveau sarment qui, croit sur la
vigne après qu'elle est taillée.
COTYLEDON . Foliole ou partie de l'embrion
dans laquelle s'élaborent & se préparent
les sucs nutritifs de la nouvelle plante.
Les Cotyledons, autrement appelles feuilles
séminales, sont les premieres parties de la
plante qui paroissent hors de terre lorsqu'elle commence à végéter .
Ces premieres feuilles
sont très-souvent d'une autre forme que celles qui les suivent &
qui sont les véritables
feuilles de la plante. Car pour l'ordinaire les cotyledons ne tardent
pas à se flétrir & à
tomber peu après que la plante est levée & qu'elle reçoit par
d'autres parties une
nourriture plus abondante que celle qu'elle droit par eux de la
substance même de la
semence.
Il y a des plantes qui n'ont qu'un
cotyledon, & qui pour cela s'appellent monocotyledones ,
tels sont les Palmiers , les liliacées , les graminées & d'autres
plantes , le plus grand
nombre en ont deux , & s'appellent dicotyledones ; si d'autres en
ont davantage , elles
s'appelleront polycoryledones. Les acotyledones sont celles qui n'ont
point de cotyledons ,
telles les fougeres , les mousses , les champignons & toutes les
cryptogames .
[486] Ces différences de la germination ont
fourni à Ray , à d'autres Botanistes, & en
dernier lieu à Messieurs de Jussieu & Haller la premiere ou plus
grande division naturelle
du regne végétal.
Mais pour classer les plantes suivant cette
méthode, il faut les examiner sortant de terre,
dans leur premiere germination , & jusques dans la semence même ;
ce qui est souvent fort
difficile sur-tout pour les plantes marines & aquatiques. Et pour
les arbres & plantes étrangeres ou alpines qui refusent de germer
& naître dans nos jardins.
CRUCIFERE ou CRUCIFORME, dispose en forme
de croix. On donne spécialement le
nom de crucifere a. une famille de plantes dont le caractere est
d'avoir des fleurs
composées de quatre pétales disposes en croix, sur un calice compose d'
autant de folioles ,
& autour du pistil six étamines, dont deux égales entr'elles , sont
plus courtes que les
quatre autres, & les divisent également.
CUPULES. Sortes de petites calottes ou
coupes qui naissant le plus souvent sur plusieurs
Lichens & Algues; & dans le creux desquelles on voit les
semences naître & se former,
sur-tout dans le genre appelle jadis hépatique des fontaines , &
aujourd'hui marchantia .
CYME, ou CYMIER. Sorte d'ombelle qui n'a
rien de régulier , quoique tous ses rayons
partent du même centre; telles sont les fleurs de l'Obier , du
Chèvrefeuille, &c.
DEMI-FLEURON. C'est le nom donne par
Tournefort , dans les fleurs composées , aux
fleurons échancres qui garnissent le disque des lactucées & à ceux
qui forment le contour
[487] des radiées. Quoique ces deux sortes de demi-fleurons soient
exactement de même
figure, & pour cela confondues sous le même nom par les Botanistes
, ils différent
pourtant essentiellement en ce que les premiers ont toujours des
étamines & que les autres
n'en ont jamais. Les demi-fleurons de même que les fleurons sont
toujours supères, &
portes par la semence qui est portée à son tour par le disque ou
réceptacle de la fleur: Le
demi-fleuron est forme de deux parties , l'inférieure qui est un tube
ou cylindre
très-court, & la supérieure qui est plane , taillée en languette,
& à qui l'on en donne le
nom .Voyez, Fleuron, Fleur.
DIECIE oui DIOECIE, habitation sépare. On
donne le nom de Diecie à une classe de
plantes composées de toutes celles qui portent leurs fleurs mâles sur
un pied , & leurs
fleurs femelles sur un autre pied .
DIGITÉ. Une feuille est digitée lorsque ses
folioles partent toutes du sommet de son pétiole
comme d'un centre commun. Telle est, par exemple, la feuille du
Marronier d'Inde.
DIOIQUES . Toutes les plantes de la Diecie
sont Dioiques .
DISQUE. Corps intermédiaire qui tient la fleur ou quelque-unes de ses parties élevées au-dessus du vrai réceptacle.
Quelquefois on appelle disque le réceptacle
même comme dans les composées ; alors on
distingue la surface du réceptacle, ou le disque , du contour qui le
borde & qu'on nomme
rayon,
Disque est aussi un corps charnu qui se
trouve dans quelques genres de plantes, au fond du
calice, dessous l'embrion ; quelquefois les étamines sont attachées
autour de ce disque.
DRAGEONS. Branches enracinées qui tiennent.
au pied [488] d'un arbre , ou au tronc ,
dont on ne peut les arracher sans l'éclater .
ECAILLES ou PAILLETTES. Petites languettes
paléacées qui, dans plusieurs genres de
fleurs composées, implantées sur le réceptacle, distinguent &
séparent les fleurons ;
quand les paillettes sont de simples filets , on les appelle des poils
; mais quand elles ont
quelque largeur , elles prennent le nom d'écailles.
Il est singulier dans le Xeranthême à fleur
double , que les écailles autour du disque
s'alongent , se colorent & prennent l'apparence de vrais
demi-fleurons, au. point de
tromper à l'aspect , quiconque n'y regarderoit pas de bien près.
On donne très-souvent le nom d'écailles aux
calices des chatons & des cônes : on le donne
aussi aux folioles des calices imbriques des fleurs en tête , tels que
les Chardons, les Jacées
, & à celles des calices de substance sèche & scarieuse du
Xéranthème & de la
Catananche.
La tige des plantes dans quelques especes ,
est aussi d'écailles : ce sont des rudimens
coriaces de feuilles qui quelquefois en tiennent lieu, comme dans
l'Orabanche & le
Tussillage .
Enfin on appelle encore écailles les
enveloppes imbriquées des bâles de plusieurs liliacées,
& les bâles ou calices applatis des Schoenus , & d'autres
graminacées.
ECORCE. Vêtement ou partie enveloppante du
tronc & des branches d'un arbre.
L'écorce est moyenne entre l'épiderme à l'extérieur , & le liber à
l'intérieur.; ces trois
enveloppes se réunissent souvent dans l'usage vulgaire sous le nom
commun d'écorce .
[489] EDULE , EDULIS, bon à manger. Ce mot
est du nombre de ceux qu'il est à désirer
qu'on fasse passer du latin dans la langue universelle de la Botanique .
ENTRE-NOEUDS . Ce sont dans les chaumes des
graminées les intervalles qui séparent
les nœuds d'ou naissent les feuilles. Il y a quelques gramens , mais
en bien petit nombre ,
dont le chaume nud d'un bout à l'autre est sans nœuds , & par
conséquent sans
entre-noeuds , tel, par exemple, que l'Aira
caerulea .
EPERON . Protubérance en forme de cône
droit ou recourbe , faite dans plusieurs sortes
de fleurs par le prolongement du nectaire . Tels sont les éperons des
Orchis , des Linaires ,
des Ancolies, des Pieds-d'alouettes, de plusieurs Geranium & de
beaucoup d'autres plantes .
EPI . Forme de bouquet dans laquelle les
fleurs sont attachées autour d'un axe ou
réceptacle commun forme par l'extrémité du chaume ou de la tige unique
. Quand les
fleurs sont pédiculées, pourvu que tous les pédicules soient
simples & attaches
immédiatement à l'axe , le bouquet s'appelle toujours épi ; mais dans
l'épi
rigoureusement pris , les fleurs sont seffiles .
EPIDERME (l'). Est la peau fine extérieure
qui enveloppe les couches corticales ; c'est une
membrane très fine , transparente , ordinairement sans couleur ,
clastique & un peu
poreuse .
ESPECE . Réunion de plusieurs variétés , ou
individus , sous un caractere commun qui
les distingue de toutes les autres plantes du même genre .
ETAMINES . Agens masculins de la
fécondation ; leur forme est ordinairement celle d'un
filet qui supporte une tête appelle anthère , ou sommet . Cette anthère
est une espece de
capsule [490] qui contient la poussiere prolifique. Cette poussiere
s'échappe, soit par
explosion , soit par dilatation, & va s'introduire dans le stigmate
, pour être portée
jusqu'aux ovaires qu'elle seconde . Les étamines varient par la forme
& par le nombre.
ETENDART. Pétale supérieur des fleurs
légumineuses .
ENVELOPPE. Espece de calice qui contient
plusieurs fleurs , comme dans le Pied-de-veau ,
le Figuier , les fleurs à fleurons. Les fleurs garnies d'une enveloppe
ne sont pas pour cela
dépourvues de calice.
FANE. La fane d'une plante , est
l'assemblage des feuilles d'en-bas.
FÉCONDATION. Opération naturelle par
laquelle les étamines portent au moyen du
pistil jusqu'a l'ovaire, le principe de vie nécessaire à la
maturisation des semences & à
leur germination.
FEUILLES. Sont des organes nécessaires aux
plants pour pomper l'humidité de l'air
pendant la nuit, & faciliter la transpiration durant le jour; elles
suppléent encore dans les
végétaux au mouvement progressif & spontané des animaux , & en
donnant prise au vent
pour agiter les plantes & les rendre plus robustes. Les plantes
alpines sans cesse battues du
vent & des ouragans , sont toutes fortes & vigoureuses ; au
contraire, celles qu'on eleve
dans un jardin ont un air trop calme , y prospèrent moins & souvent
languissent &
dégénerent.
FILET. Pédicule qui soutient l'étamine. On
donne, aussi le nom de filets aux poils qu'on
voit sur la surface des tiges, des feuilles & même des fleurs de
plusieurs plantes.
FLEUR. Si je livrois mon imagination aux
doues sensations [491] que ce mot semble
appeller , je pourrois faire un article agréable peut-être aux Bergers
, mais fort mauvais
pour les Botanistes . Ecartons donc un moment les vives couleurs , les
odeurs suaves , les
formes élégantes , pour chercher premièrement à bien connoitre l'être
organise qui les
rassemble. Rien ne paroit d'abord plus facile ; qui est-ce qui croit
avoir besoin qu'on lui
apprenne ce que c'est qu'une fleur? Quand on ne me demande pas ce que
c'est que le tems ,
disoit Saint Augustin , je le fais fort bien ; je ne le fais plus quand
on me le demande. On en
pourroit dire autant de la fleur & peut-être de la beauté même ,
qui, comme elle, est la
rapide proie du tems. En effet, tous les Botanistes qui ont voulu
donner jusqu'ici des
définitions de la fleur ont échoue dans cette entreprise, & les
plus illustres , tels que
Messieurs Linnaeus , Haller , Adanson , qui sentoient mieux la
difficulté que les: autres ,
n'ont pas même tente de la surmonter & ont laisse la fleur à
définir. Le premier a bien
donne dans sa philosophie botanique les définitions de Jungins , de
Ray, de Tournefort , de
Pontedera, de Ludwig , mais sans en adopter aucune, & sans en
proposer de son chef.
Avant lui Pontedera avoit bien senti &
bien expose cette difficulté , mais il ne put résister à la tentation
de la vaincre. Le lecteur pourra bientôt juger du succès. Disons
maintenant
en quoi cette difficulté consiste , sans néanmoins compter si je tente
à mon tour de lutter
contr'elle , de réussir mieux qu'on n'a fait jusqu'ici.
On me présente une rose, & l'on me dit;
voilà une fleur. C'est me la montrer , je l'avoue ,
mais ce n'est pas la définir , & [492] cette inspection ne me
suffira pas pour décider sur
toute autre plante si ce que je vois est ou n'est pas la fleur; car il
y a multitude de végétaux
qui n'ont dans aucune de leurs parties la couleur apparente que Ray,
Tournefort , Jungins
sont entrer dans la définition de la fleur , & qui pourtant portent
des fleurs non moins
réelles que celles du rosier, quoique bien moins apparentes.
On prend généralement pour la fleur la
partie colorée de la fleur qui est la corolle , mais
on s'y trompe aisément; il a des bractées & d'autres organes autant
& plus colores que la
fleur même & qui n'en sont point partie ; comme on le voit dans
l'Ormin , dans le
Bled-de-vache , dans plusieurs Amaranthes & Chenopodium ; il y a
des multitudes de
fleurs qui n'ont point du tout de corolle , d'autres qui l'ont sans
couleur , si petite & si peu
apparente , qu'il n'y a qu'une recherche bien soigneuse qui puisse l'y
faire trouver.
Lorsque les bleds sont en fleur , y voit-on des pétales colores , en
voit-on dans les mousses,
dans les graminées ? En voit-on dans les chatons du Noyer, du Hêtre
& du Chêne, dans
l'Aune, dans le Noisetier , dans le Pin , & dans ces multitudes
d'arbres & d'herbes qui n'ont
que des fleurs à étamines? Ces fleurs néanmoins n'en portent pas moins
le nom de fleurs ;
l'essence de la fleur n'est donc pas dans la corolle.
Elle n'est pas non plus séparément aucune
des autres parties constituantes de la fleur ,
puisqu'il n'y à aucune de ces parties qui ne manque à quelques especes
de fleurs. Le calice
manque , par exemple , à presque toute la famille des liliacées , &
l'on ne dira pas qu'une
Tulipe ou un Lis ne sont pas une fleur. S'il y [493] à quelques parties
plus essentielles que
d'autres à une fleur, ce sont certainement le pistil & les
étamines. Or, dans toute la famille
des cucurbitacées & même dans toute la classe des monoiques , la
moitié des fleurs sont
sans pistil , l'autre moitié sans étamines, & cette privation
n'empêche pas qu'on ne les
nomme & qu'elles ne soient les unes & les autres de véritables
fleurs. L'essence de la fleur
ne consiste donc ni séparément dans quelques-unes de ses parties dites
constituantes, ni
même dans l'assemblage de toutes ces parties. En quoi donc consiste
proprement cette
essence ; voilà la question. Voilà la difficulté , & voici la
solution par laquelle Pontedera à
tache de s'en tirer.
La fleur, dit-il , est une partie dans la
plante différente des autres par sa nature & par sa
forme , toujours adhérente & utile à l'embrion, si la fleur à un
pistil, & si le pistil manque,
ne tenant à nul embrion.
Cette définition peche, ce me semble, en ce
qu'elle embrasse trop. Car lorsque le pistil
manque , la fleur n'ayant plus d'autres caracteres que de différer des
autres parties de la
plante par sa nature & par sa forme , on pourra donner ce nom aux
Bractées, aux Stipules
, aux Nectarium ,aux Epines & à tout ce qui n'est ni feuilles ni
branches. Et quand la
corolle est tombée & que le fruit approche de sa maturité, on
pourroit encore donner le
nom de fleur au calice & au réceptacle , quoique réellement il n'y
ait alors plus de fleur. Si
donc cette définition convient omni
, elle ne convient pas soli ,
&
manque par-là d'une des
deux principales conditions requises. Elle laisse d'ailleurs un vuide
dans l'esprit, qui est le
plus grand [494] défaut qu'une définition puisse avoir. Car après avoir
assigne l'usage de
la fleur au profit de l'embrion quand elle y adhere , elle fait
supposer totalement inutile
celle qui n'y adhere pas. Et cela remplit mal l'idée que le Botaniste
doit avoir da concours
des parties & de leur emploi dans le jeu de la machine organique.
Je crois que le défaut général vient ici
d'avoir trop considère la fleur comme une
substance absolue, tandis qu'elle n'est , ce me semble , qu'un être
collectif & relatif, &
d'avoir trop rafine sur les idées tandis qu'il faloit se borner à celle
qui se presentoit
naturellement . Selon cette idée , la fleur ne me paroit être que
l'etat passager des parties
de la fructification durant la fécondation du germe ; de-la suit que
quand toutes les parties
de la fructification seront réunies , il n'y aura qu'une fleur. Quand
elles seront séparées, il
y en aura autant qu'il y a de parties essentielles à la fécondation;
& comme ces parties
essentielles rie sont qu'au nombre de deux, savoir, le pistil & les
étamines, il n'y aura par
conséquent que deux fleurs, l'une mâle & l'autre femelle qui soient
nécessaires à la
fructification . On en peut cependant supposer une troisieme qui
reuniroit les sexes sépares
dans les deux autres. Mais alors si toutes ces fleurs etoient également
fertiles , la troisieme
rendroit les deux autres superflues , & pourroit seule suffire à
l'oeuvre, ou lien il y auroit
réellement deux fécondations , & nous examinons ici la fleur que
dans une.
La fleur n'est donc que le foyer &
l'instrument de la fécondation . Une seule suffit quand
elle est hermaphrodite. Quand elle n'est que mâle ou femelle il en faut
deux, savoir , une de
[495] chaque
sexe ; & si l'on fait entrer d'autres parties , comme le calice
& la corolle dans
la composition de la fleur, ce ne peut être comme essentielles, mais
seulement comme
nutritives & conservatrices de celles qui le sont. Il y a des
Fleurs sans calice, il y en a sans
corolle. Il y en a même sans & sans l'autre ; mais il n'y en a
point & il n'y en sautoit avoir
qui soient en même tems sans pistil sec sans étamines.
La Fleur est une partie locale &
passagere de la plante qui précédé la fécondation du
germe, & dans laquelle ou par laquelle elle s'opère.
Je ne m'étendrai pas à justifier ici tous
les termes de cette définition qui peut-être n'en
vaut pas la peine; je dirai seulement que le mot précédé m'y paroit
essentiel , parce que .le
plus souvent la corolle s'ouvre & s'épanouit avant que les anthères
s'ouvrent à leur tour,
& dans ce cas il est incontestable que la Fleur préexiste à
l'oeuvre de la fécondation.
J'ajoute que cette fécondation s'opère dans elle ou par elle, parce que
dans les Fleurs
mâles des plantes androgynes & dioiques , il ne s'opère aucune
fructification, & qu'elles
n'en sont pas moins des Fleurs pour cela.
Voilà , ce me semble , la notion la plus
juste qu'on puisse se faire de la Fleur, & la seule qui
ne laisse aucune prise aux objections qui renversent toutes les autres
définitions qu'on a
tente d'en donner jusqu'ici. Il faut
seulement ne pas prendre trop strictement le mot durant
que j'ai employé dans la mienne. Car même avant que la fécondation du
germe soit
commencée, on peut dire que la Fleur existe aussi-tôt que les organes
sexuels sont en évidence , c'est-à-dire , aussi-tôt que la corolle est
épanouie , & d'ordinaire les anthères
ne s'ouvrent pas à [496] la poussiere séminale des l'instant que la
corelles ouvre aux
anthères; cependant la fécondation ne peut commencer avant que les
anthères soient
ouvertes. De même l'ouvre de la fécondation s'acheve souvent avant que
la corolle se
flétrisse & tombe : or jusqu'a cette chute on peut dire que la
Fleur existe encore . Il faut
donc donner nécessairement un peu d'extinction au mot durant pour
pouvoir dire que la
Fleur & l'oeuvre de la fécondation commencent & finissent
ensemble.
Comme généralement la Fleur se fait
remarquer par sa corolle , partie bien plus
apparente que les autres par le vivacité de ses couleurs , c'est dans
cette corolle aussi qu'on
fait machinalement consister l'essence de la Fleur, & le Botanistes
eux-mêmes ne sont pas
toujours exempts de cette petite illusion ; car souvent ils emploient
le mot de Fleur pour
celui de corolle, mais ces petites impropriétés d'inadvertance
importent peu, quand elles
ne changent rien aux idées qu'on a des choses quand on y pense. De-la
ces mots de Fleurs
monopétales , polypétales , de Fleurs labiées, personnées , de Fleurs
régulières ,
irrégulières, &c. qu'on trouve fréquemment dans les livres même
institutions. Cette petite
impropriété etoit non-seulement pardonnable, mais presque forcée à
Tournefort & à ses
contemporains, qui n'avoient pas encore le mot de corolle , &
l'usage s'en est conserve
depuis eux par l'habitude sans grand inconvénient. Mais il ne seroit
pas permis à moi qui
remarque cette incorrection, de l'imiter ici ; ainsi je renvoie au mot
Corolle à parler de ses
formes diverses & de ses divisions. *[* Cet article Corolle, auquel
l'Auteur renvoie ici , ne
s'est point trouve fait .]
[497] Mais je dois parler ici des Fleurs
composées & simples, parce que c'est la Fleur
même & non la corolle qui se compose, comme on le va voir après
l'exposition des parties
de la Fleur simple.
On divise cette Fleur en complete &
incomplète. La Fleur complete est celle qui contient
toutes les parties essentielles ou concourantes à la fructification ,
& ces parties sont au
nombre de quatre; deux essentielles, savoir, le pistil & l'étamine
, ou les étamines; & deux
accessoires ou concourantes, savoir , la corolle & le calice , .a
quoi l'on doit ajouter le
disque ou réceptacle qui porte le tout.
La Fleur est complete quand elle est
composée de toutes ces parties ; quand il lui en
manque quelqu'une, elle est incomplète . Or la Fleur incomplets peut,
manquer
non-seulement de corolle & de calice , mais même de pistil ou
d'étamines ; & dans ce
dernier cas , il y a toujours une autre Fleur , soit sur le même
individu, soit sur un
différent, qui porte l'autre partie essentielle qui manque à celle-ci;
de-la la division en
Fleurs hermaphrodites, qui peuvent .être complétés ou ne l'être pas , & en Fleurs
purement être complétés ou ne l'être pas , & en Fleurs purement
mâles ou femelles , qui
sont toujours incomplètes .
La Fleur hermaphrodite incomplète n'en est
pas moins parfaite pour cela , puisqu'elle se
suffit à elle-même pour opérer la fécondation ; mais elle ne peut être
appelle complete ,
puisqu'elle manque de quelqu'une des parties de celles qu'on appelle
ainsi . Une Rose , un
Oeillet sont , par exemple , des Fleurs parfaits & complétés ,
parce qu'elles sont pourvues
de toutes ces parties . Mais une Tulipe , un Lis , ne sont [498] point
des Fleurs complétés,
quoique parfaites , parce qu'elles n'ont point de calice ; de même la
jolie petite Fleur
appellée Paronychia est parfaite comme hermaphrodite , mais elle est
incomplète , parce
que , malgré sa riante couleur, il lui manque une corolle.
Je pourrois, sans sortir encore de la
section des Fleurs simples , parler ici des Fleurs
régulieres , & des Fleurs appelées irréguliers. Mais comme ceci se
rapporte
principalement à la corolle , il vaut mieux sur cet article renvoyer le
lecteur à ce mot
.* [* Voyez la note précédente .] Reste donc à parler des oppositions
que
peut souffrir ce
nom de Fleur simple .
Toute Fleur d'ou résulte une seule
fructification est une Fleur simple. Mais si d'une seule
Fleur résultent plusieurs fruit , Fleur s'appellera composée , &
cette pluralité n'a jamais
lieu dans les Fleurs qui n'ont qu'une corolle. Aussi toute Fleur
composée à nécessairement
non-seulement plusieurs pétales , mais plusieurs corolles; & polir
que la Fleur soit
réellement composée , & non par une seule agrégation de plusieurs
Fleurs simples , il faut
que quelqu'une des parties de la fructification soit commune à tous les
fleurons composans
, & manque à chacun d'eux en particulier.
Je prends , par exemple , une Fleur de
Laiteron , la voyant remplie de plusieurs petites
fleurettes, & je me demande si c'est une Fleur composée. Pour
savoir cela , j'examine
toutes les parties de la fructification l'une après l'autre , & je
trouve que chaque fleurette à des étamines , un pistil, une corolle ,
[499] mais qu'il n'y a qu'un seul réceptacle en
forme de disque que les reçoit toutes , & qu'il n'y a qu'un seul
grand calice qui les
environne; d'ou je conclus que la Fleur est composée, puisque deux
parties de la
fructification savoir , le calice & le réceptacle , sont communes à
toutes & manquent à
chacun en particulier . `
Je prends ensuite une Fleur de Scabieuse ou
je distingue aussi plusieurs fleurettes; je
l'examine de même , & je trouve que chacune d'elles est pourvue en
son particulier de
toutes les parties de la fructification, sans en excepter le calice
& même le réceptacle ,
puisqu'on peut regarder comme tel le second calice qui sert de base à
la semence. Je
conclus donc que la Scabieuse n'est point une Fleur composée,
quoiqu'elle rassemble
comme elles plusieurs fleurettes sur un même disque & dans un même
calice .
Comme ceci pourtant est sujet à dispute ,
sur-tout à cause du réceptacle, on tire des
fleurettes même un caractere plus sur , qui convient à toutes celles
qui constituent
proprement une Fleur composée & qui ne convient qu'a elles ; c'est
d'avoir cinq étamines
réunies en tube ou cylindre par leurs anthères autour du style &
divisées par leurs cinq
filets au bas de la corolle; toute Fleur dont les fleurettes ont leurs
anthères ainsi disposée ,
est donc une Fleur composée , & toute Fleur ou l'on ne voit aucune
fleurette de cette espece
n'est point une Fleur composée , & ne porte même au singulier
qu'improprement le nom
de Fleur, puisqu'elle est réellement une agrégation de plusieurs Fleurs.
Ces fleurettes partielles qui ont ainsi
leurs anthères réunies, [500] & dont l'assemblage
forme une Fleur véritablement composée , sont de deux especes ; les
unes qui sont
régulières & tubulées s'appellent proprement fleurons , les autres
qui sont échancrées &
ne présentent par le haut qu'une languette plane & souvent dentelée
, s'appellent
demi-fleurons ; & des combinaisons de ces deux especes dans la
Fleur totale, résultent trois
sortes principales de Fleurs composées , savoir, celles qui ne sont garnies que de fleurons ,
celles qui ne sont garnies que de demi-fleurons, & celles qui sont
mêlées des unes & des
autres.
Les Fleurs a fleurons ou Fleurs fleuronnées
se divisent encore deux especes , relativement à leur forme extérieure;
celles qui présentent une figure arrondie en maniere de tête, &
dont le calice approche de la forme hémisphérique , s'appellent Fleurs
en tête, Capitati.
Tels sont, par exemple, les Chardons,
Artichauts , la Chausse-trape .
Celles dont le réceptacle est plus applati
, en sorte leurs fleurons forment avec le calice une
figure àpeu-près cylindrique , s'appellent Fleurs en disque Discoidei .
La Santoline,
par-exemple , & l'Eupatoire
, offrent des Fleurs en disque ou
discoides .
Les Fleurs a demi-fleurons s'appellent
demi-fleuronnées & leur figure extérieure ne varie
pas allez régulièrement pour offrir une division semblable à la
précédente. Le Salsifis , la
Scorsonere , le Pissenlit , la Chicorée ont des Fleurs
demi-fleuronnées.
A l'égard des Fleurs mixtes, les
demi-fleurons ne s'y pas mêlent pas parmi les fleurons en
confusion, sans ordre mais les [501] fleurons occupent le centre, du
disque , les
demi-fleurons en garnissent la circonférence , & forment une
couronne à la Fleur , & ces
Fleurs ainsi couronnées portent le nom de Fleurs radiées. Les
Reines-Marguerites & tous
les Asters , le Souci , les Soleils , la Poire - de -terre portent tous
des Fleurs radiées. .
Toutes ces sections forment encore dans les
Fleurs composées , & relativement au sexe des
fleurons, d'autres divisions dont il sera parle dans l'article Fleuron.
Les Fleurs simples ont une autre forte
d'opposition dans celles qu'on appelle Fleurs doubles
ou pleines.
La Fleur double est celle dont quelqu'une
des parties est multipliée au-delà de son nombre
naturel , mais sans que cette multiplication nuise à la fécondation du
germe.
Les Fleurs se doublent rarement par le
calice , presque jamais par les étamines. Leur
multiplication la plus commune se fait par la corolle. Les exemples les
plus frequens en sont
dans les Fleurs polypétales , comme Oeillets, Anémones , Renoncules ;
les Fleurs
monopétales doublent moins communément. Cependant on voit assez souvent
des
Campanules , des Primeveres, des Auricules , & sur-tout des
Jacinthes à Fleur double.
Ce mot de Fleur double ne marque pas dans
le nombre des pétales une simple duplication ,
mais une multiplication quelconque. Soit que le nombre des pétales
devienne double, triple
,quadruple, &c. tant qu'ils ne multiplient pas au point d'étouffer
la fructification , la Fleur
garde toujours le nom de Fleur double ; mais lorsque les pétales trop
multiplies font [502]
disparoître les étamines & avorter le germe , alors la Fleur perd
1e nom de Fleur double &
prend celui de Fleur pleine .
On voit par-la que la Fleur double est
encore dans l'ordre de la nature, mais que la Fleur
pleine n'y est plus véritable monstre.
Quoique la plus commune plénitude des
Fleurs se fasse par les pétales , il y en a
néanmoins qui se remplissent par le calice , & nous en avons un
exemple bien remarquable
dans l'Immortelle appellée Xéranthème. Cette Fleur qui paroit radiée
& qui réellement
est discoÏde, porte ainsi que la Carline un calice imbrique, dont le
rang intérieur à ses
folioles longues & colorées , & cette Fleur, quoique composée ,
double & multiplie
tellement par ses brillantes folioles qu'on les prendroit , garnissant
la plus grande partie du
disque, pour autant de demi-fleurons .
Ces fausses apparences abusent souvent les
yeux de ceux qui ne sont pas Botanistes : mais
quiconque est initie dans l'intime structure des Fleurs, ne peut s'y
tromper un moment .
Une Fleur
demi-fleuronnée ressemble extérieurement à une Fleur polypétale pleine
, mais
il y a toujours cette différence essentielle , que dans la premiere
chaque demi-fleuron est
une Fleur parfaite qui a son embrion, son pistil & ses étamines ;
au lieu que dans la Fleur
pleine chaque pétale multiplie n'est toujours qu'un pétale qui ne porte
aucune des parties
essentielles à la fructification. Prenez l'un après l' autre les
pétales d'une Renoncule
simple, ou double , ou pleine, vous ne trouverez dans aucun nulle autre
chose que le pétale
même; mais dans le Pissenlit chaque demi-fleuron garni 'd'un style entoure [503]
d'étamines , n'est pas un simple pétale, mais une véritable Fleur.
On me présente une Fleur de Nymphéa jaune,
& l'on me demande si c'est une , composée
ou une Fleur double? Je réponds que ce n'est ni l'un ni l'autre. Ce
n'est pas une composée
, puisque les folioles qui l'entourent ne sont pas des demi-fleurons;
& ce n'est pas une Fleur
double , parce que la duplication n'est l'etat naturel d'aucune Fleur,
& que l'etat naturel de
la Fleur de Nymphéa jaune est d'avoir plusieurs enceintes de pétales
autour de son
embrion. Ainsi cette multiplicité n'empêche pas le Nymphéa jaune d'être
une Fleur
simple .
La constitution commune au plus grand
nombre des Fleurs, est d'être hermaphrodites ; &
cette constitution paroit en effet la plus convenable au rogne végétal
, ou les individus
dépourvus de tout mouvement progressif & spontané ne peuvent
s'aller chercher l'un
l'autre quand les sexes sont sépares. Dans les arbres & les plantes
ou ils le sont, la nature,
qui fait varier ses moyens , à pourvu à cet obstacle : mais il n'en est
pas moins vrai
généralement que des êtres immobiles doivent , pour perpétuer leur
espece , avoir en
eux-mêmes tous les instrumens propres à cette fin.
FLEUR MUTILEE. Est celle qui , pour
l'ordinaire par défaut de chaleur, perd ou ne
produit point la corolle qu'elle devroit naturellement avoir. Quoique
cette mutilation ne
doive point faire espece , les plantes ou elle a lieu se distinguent
néanmoins dans la
nomenclature de celles de même espece qui sont complétés, comme on peut
le voir dans
plusieurs especes de Quamoclit
, de Cucuballes, de Tussilages , de
Campanules .
[504] FLEURETTE . Petite complete qui entre
dans la structure d'une Fleur agrégé.
FLEURON. Petite Fleur incomplète qui entre dans la structure d'une Fleur composée. Voyez Fleur .
Voici quelle est la structure naturelle des fleurons composans .
1. Corolle monopétale tubulée à cinq dents , supere .
2. Pistil alongé , termine par deux stigmates réfléchis .
3. Cinq étamines dont des filets sont sépares par le bas , mais formant par l'adhérence de leurs anthères un tube autour du pistil .
4. Semence nue alongée ayant pour base le réceptacle commun, & servant elle-même par son formant de réceptacle à la corolle.
5. Aigrette de poils ou d'écailles
couronnant la semence , & figurant un calice à la base de
la corolle. Cette aigrette pousse de bas en haut la corolle , la
détache & la fait tomber
lorsqu'elle est flétrie , & que la semence accrue approche de sa
maturité .
Cette structure commune & générale des
fleurons souffre des exceptions dans plusieurs
genres de composées , & ces différences constituent même des
sections qui forment autant
de branches dans cette nombreuse famille .
Celles de ces différences qui tiennent à la
structure même des fleurons , ont été ci-devant
expliquées au mot Fleur. J'ai maintenant à parler de celles qui ont
rapport à la
fécondation .
L'ordre commun des fleurons dont je viens
de parler est d'être hermaphrodites , & ils se
fécondent par eux-mêmes . Mais il y en a d'autres qui ayant des
étamines & n'ayant point
de germe , portent le nom de mâles ; d'autres qui ont un germe [505]
& n'ont point
d'étamines, s'appellent fleurons femelles; d'autres qui n'ont ni germe
ni étamines , ou dont
le germe imparfait avorte toujours , portent le nom de neutres.
Ces diverses especes de fleurons ne sont
pas indifféremment entremêles dans les Fleurs
composées; mais leurs combinaisons méthodiques & régulières sont
toujours relatives ou à la plus fécondation , ou a la plus abondante
fructification, ou à la plus pleine
maturification des graines.
FRUCTIFICATION. Ce mot se prend toujours
dans un sens collectif , & comprend
non-seulement l'oeuvre de la fécondation du germe & de la
maturification du fruit, mais
l'assemblage de tous les instrumens naturels destines à cette opération.
FRUIT. Dernier produit de la végétation
dans l'individu , contenant les semences qui
doivent la renouveller par d'autres individus . La semence n'est ce
dernier produit que
quand elle est seule & nue. Quand elle ne l'est pas , elle n'est
que partie du fruit.
Fruit .Ce mot a dans la Botanique un sens
beaucoup plus étendu que dans l'usage
ordinaire. Dans les arbres & même dans d'autres plantes , toutes
les semences ou leurs
enveloppes bonnes à manger, portent en général le nom de fruit. Mais en
Botanique ce
même nom s'applique plus généralement encore à tout ce qui résulte ,
après la fleur, de
la fécondation du germe. Ainsi le fruit n'est proprement autre chose
que l'ovaire féconde,
& cela, soit qu'il se mange ou ne se mange pas, que la semence soit
déjà mure ou qu'elle ne
le soit pas encore.
GENRE. Réunion de plusieurs especes sous un
caractere commun qui les distingue de
toutes les autres plantes .
[506] GERME , embrion , ovaire , fruit . C'est termes sont si près d'être synonymes, qu'avant d'en parler séparément dans leurs articles , je crois devoir les unir ici.
Le germe est le premier rudiment de la
plante, il devient embrion ou ovaire au moment de
la fécondation, & ce même embrion devient fruit en mûrissant ;
voilà les différences
exactes . Mais on n'y fait-pas toujours attention dans l'usage &
l'on prend souvent ces mots
l'un pour l'autre indifféremment .
Il y a deux sortes de germes bien distincts
, l'un contenu dans la semence , lequel en se
développant devient plante , & l'autre contenu dans la fleur ,
lequel par la fécondation
devient fruit. On voit par quelle alternative perpétuelle chacun de ces
deux germes se
produit , & en est produit.
On peut encore donner le nom de germe aux
rudimens des feuilles enfermées dans les
bourgeons , & à ceux des fleurs enfermes dans les boutons.
GERMINATION . Premier développement ces
parties de la plante , contenue en petit dans
le germe.
GLANDES. Organes qui servent à la sécrétion
des sucs de la plante .
GOUSSE. Fruit d'une plante légumineuse . La
gousse qui s'appelle aussi légume , est
ordinairement composée de deux panneaux nommes cosses, applatis ou
convexes , colles
l'un sur l'autre par deux futures longitudinales , & qui renferment
des semences attachées
alternativement par la future aux deux cosses , lesquelles se séparent
par la maturité.
GRAPPE , racemus
. Sorte d'épi dans lequel
les Fleurs ne [507] sont ni sessiles ni toutes
attachées à la rape ; mais à des pédicules partiels dans lesquels les
pédicules principaux
se divisent. La grappe n'est autre chose qu'une panicule dont les
rameaux sont plus ferres ,
plus courts, ,& souvent plus gros que dans la panicule proprement
dite.
Lorsque l'axe d'une panicule ou d'un épi
pend en bas au lieu & s'élever vers le Ciel, on lui
donne alors le nom de grappe; tel est l'épi du groseiller, telle est la
grappe de la vigne.
GREFFE. Opération par laquelle on force les
sucs d'un arbre à passer par les couloirs
d'un autre arbre ; d'ou il résulte que les couloirs de ces deux plantes
n'étant pas de même
figure & dimensions, ni places exactement les uns vis-à-vis des
autres, les sucs forces de se
subtiliser en se divisant, donnent ensuite des fruits meilleurs &
plus savoureux.
GREFFER. Est engager l'œil ou le bourgeon
d'une saine branche d'arbre dans l'écorce
d'un autre arbre , avec les précautions nécessaires & dans la
saison favorable , en forte
que ce bourgeon reçoive le suc du second arbre & s'en nourrisse
comme il auroit fait de
celui dont il a été détache. On donne le nom de Greffe à la portion qui
s'unir, & de Sujet à
l'arbre auquel il s'unit.
Il y a diverses manieres de greffer. La
greffe par approche, en sente, en couronne., en flûte
, en écusson.
GYMNOSPERME à semences nues .
HAMPE. Tige sans feuilles destinée
uniquement à tenir la fructification élevée au-dessus
de la racine.
INFERE , SUPERE. Quoique ces mots soient
purement latins, on est-obligé de les employer
en françois dans le langage de la Botanique , sous peine d'être diffus
, lâche & louche,
[508] pour vouloir parler purement. La même nécessité doit être
supposée , & la même
excuse répétée dans tous les mots latins que je serai force de
franciser. Car c'est ce que je
ne ferai jamais que pour dire ce que je ne pourrois aussi-bien faire
entendre dans un
françois plus correct
II y a dans les fleurs deux dispositions
différentes du calice & de la corolle , par rapport au
germe dont l'expression revient si souvent , qu'il faut absolument
créer un mot pour elle.
Quand la calice & la corolle portent sur le germe , la fleur est
dite supere . Quand le germe
porte sur le calice & la corolle, la fleur est dite infere. Quand
de la corolle on transporte le
mot au germe , il faut prendre toujours l'oppose. Si la corolle est
infère , le germe est
supere ; si la corolle est supere , le germe est infère ; ainsi l'on a
le choix de ces deux
manieres d'exprimer la même chose.
Comme il y a beaucoup plus de plantes ou la
fleur est infère , que de celles ou elle est
supere , quand cette disposition n'est point exprimée , on doit
toujours sous-entendre le
premier cas , parce qu'il est le plus ordinaire; & si la
description ne parle point de la
disposition relative de la corolle & du germe , il faut supposer la
corolle infere : car si elle
etoit supere , l'auteur de la
description l'auroit expressément dit.
LéGUME . Sorte de péricarpe compose de deux
panneaux dont les bords sont réunis par
deux sutures longitudinales. Les semences sont attachées attachées
alternativement à ces
deux valves par la future
supérieure , l'inférieure est nue. L'on appelle de ce nom en
général le fruit des plantes légumineuses .
LéGUMINEUSES Voyez Fleurs, Plantes .
[509] LIBER (le). Est compose de pellicules
qui représentent les feuillets d'un livre ; elles
touchent immédiatement au bois. Le Liber se détache tous les ans des
deux autres parties
de l'écorce , & s'unissant avec l'aubier, il produit sur la
circonférence de l'arbre une
nouvelle couche qui en augmente le diamètre.
LIGNEUX. Qui a la consistance de bois.
LILIACéES. Fleurs qui portent le caractere
du Lis.
LIMBE. Quand une corolle monopétale
régulière s'évase & s'élargit par le haut, la
partie qui forme cet évasement s'appelle le Limbe, & se découpe
ordinairement en quatre,
cinq ou plusieurs segmens. Diverses Campanules
, Primeveres , Liserons
& autres fleurs
monopétales offrent des exemples de ce Limbe , qui est à l'égard de la
corolle àpeu-près
ce qu'est à l'égard d'une cloche la partie qu'on nomme le pavillon. Le
différent degré de
l'angle que forme le Limbe avec le tube est ce qui fait donner à la corolle le nom
d'infundibuliforme , de campaniforme, ou hypocrateniforme.
LOBES des semences sont deux corps réunis,
applatis d'un cote, convexes de l'autre. Ils
sont distincts dans les semences légumineuses.
LOBES des feuilles.
LOGE. Cavité intérieure du fruit; il est à
plusieurs loges , quand il est partage par des
cloisons.
MAILLET. Branche de l'année à laquelle on
laisse pour la replanter deux chicots du
vieux bois saillans des deux cotes. Cette forte de bouture se pratique
seulement sur la vigne
& même assez rarement.
MASQUE. Fleur en marque est une Fleur
monopétale irrégulière .
[510] MONECIE ou MONOECIE. Habitation
commune aux deux sexes. On donne le nom
de Monoecie à une classe de plantes composée de toutes celles qui
portent des Fleurs
mâles & des Fleurs femelles sur le même pied.
MONOÏQUE. Toutes les plantes de la Monoecie
sont monoiques. On appelle Plantes
monoiques celles dont les Fleurs ne sont pis hermaphrodites, mais
séparément mâles &
femelles sur le individu. Ce mot, forme de celui de monoecie, vient du
grec & signifie ici que
les deux sexes occupent bien le même logis, mais sans habiter la même
chambre . Le
Concombre , le Melon & toutes les cucurbitacées sont des plantes
monoiques.
MUFLE ( Fleur en ) Voyez Masque .
NŒUDS. Sont les articulations des tiges
& des racines .
NOMENCLATURE. Art de joindre aux noms qu'on
impose aux plantes l'idée de leur
classification .
NOYAU . Semence osseuse qui renferme une
amande.
NUD. Dépourvu des vêtemens ordinaires à ses semblables.
On appelle graines nues celles qui n'ont
point de péricarpe, ombelles nues celles qui n'ont
point d'involucre , tiges nues celles qui ne sont point garnies de
feuilles, &c.
NUITS-DE-FER. Noctes ferreae. Ce sont, en Suede, celles dont la froide température arrêtant la végétation de plusieurs plantes, produit leur dépérissement insensible, leur pourriture & enfin leur mort. Leurs premieres atteintes avertissent de rentrer dans les serres les plantes étrangères , qui periroient par ces sortes de froids .
( C'est aux premiers gels assez communs au
mois d'Août dans [511] les pays froids qu'on
donne ce nom , qui , dans des climats temperas, ne peut pas être
employé pour les mêmes
jours. H.)
ŒIL. Voyez Ombilic. Petite cavité qui se
trouve en certains fruits à l'extrémité opposée
au pédicule ; dans les fruits infères ce sont les divisions du calice
qui forment l'ombilic ,
comme le Coin,
la Poire , la Pomme , &c. dans ceux qui sont supères, l'ombilic est
la
cicatrice laisse par l'insertion du pistil.
ŒILLETONS. Bourgeons qui sont à cote des
racines des Artichauts & d'autres plantes,
& qu'on détache afin de multiplier ces plantes.
OMBELLE . Assemblage de rayons qui partant
d'un même centre , divergent comme ceux
d'un parasol. L'ombelle universelle porte sur la tige ou sur une
branche, l'ombelle partielle
sort d'un rayon de l'ombelle universelle.
OMBILIC . C'est, dans les bayes &
autres fruits mous infères , le réceptacle de la Fleur
dont , après qu'elle est tombée , la cicatrice reste sur le fruit,
comme on peut le voir dans
les Airelles. Souvent le
calice reste & couronne l'ombilic qui
s'appelle alors vulgairement
œil . Ainsi l'œil des Poires
& des Pommes n'est autre chose que
l'ombilic autour duquel le
calice persistant s'est desséché .
ONGLE. Sorte de tache sur les pétales ou
sur les feuilles, qui à souvent la figure d'un
ongle & d'autres figures différentes , comme on peut le voir aux
feuilles des Renoncules ,
des Persicaires, &c.
ONGLET . Espece de pointe crochue par
laquelle le pétale de quelques corolles est fixe sur
le calice ou sur le réceptacle : [512] l'onglet des Oeillets est plus
long que celui
OPPOSéES. Les feuilles opposées sont
jusqu'au nombre de deux , placées l'une vis-à-vis
de l'autre , des deux cotes de la tige ou des branches. Les feuilles
opposées peuvent être
pédiculées ou sessiles; s'il y avoit plus de deux feuilles attachées à
la même hauteur
autour de la tige , alors cette pluralité denatureroit l'opposition
& cette disposition des
feuilles prendroit un nom différent Voyez Verticillées .
OVAIRE. C'est le nom qu'on donne à
l'embrion du fruit , ou c'est le fruit même avant la
fécondation. Après la fécondation l'ovaire perd ce nom & s'appelle
simplement fruit ou
en particulier péricarpe, si la plante est angiosperme; semence ou
graine, si la plante est
gymnosperme.
PALMÉE. Une feuille est palmée lorsqu'au
lieu d'être composée de plusieurs folioles
comme la feuille digitée , elle est seulement découpée en plusieurs
lobes diriges en rayons
vers le sommet du pétiole , mais se réunissant avant que d'y arriver .
PANICULE. épi rameux & pyramidal. Cette
figure lui vient de ce que les rameaux du bas étant les plus larges ,
forment entre eux un plus large espace , qui se rétrécit en montant , à
mesure que ces rameaux deviennent plus courts, moins nombreux ; en
forte qu'une
panicule parfaitement régulière se termineroit enfin par une fleur
sessile.
PARASITES. Plantes qui naissent ou
croissent sur d'autres plantes & se nourrissent de
leur substance. La Cuscute , le Gui, plusieurs Mousses & Lichens ,
sont des plantes
parasites .
PARENCHIME . Substance pulpeuse ou tissu
cellulaire qui forme corps de la feuille ou du
pétal: il est couvert dans l'une & dans l'autre d'un épiderme.
[513] PARTIELLE. Voyez Ombelle .
PARTIES DE LA FRUCTIFICATION . Voyez Etamines,Pistil.
PAVILLON , synonyme d'étendard.
PÉDICULE. Base alongée qui porte le fruit.
On dit pedunculus en latin,
mais je crois qu'il
faut dire pédicule en
françois . C'est l'ancien usage, & il n'y a
aucune bonne raison pour le
changer. Pedunculus sonne
mieux en latin & il évite l'équivoque de
nom pediculus. Mais le
mot pédicule est net &
plus doux en françois, & dans le choix
des mots, il convient de
consulter l'oreille & d'avoir égard à l'accent de la langue.
L'adjectif pédicule me paroit nécessaire
par opposition à l'autre adjectif sessile
. La
Botanique est si embarrassée de termes, qu'on ne sauroit trop
s'attacher à rendre clairs &
courts ceux qui lui sont spécialement consacres.
Le pédicule est le lien qui attache la
fleur ou le fruit à la branche ou à la tige. Sa substance
est d'ordinaire plus solide que celle du fruit qu'il porte par un de
ses bouts , & moins que
celle du bois auquel il est attache par l'autre. Pour l'ordinaire quand
le fruit et mur, il se
détache & tombe avec son pédicule. Mais quelquefois, & sur-tout
dans les plantes
herbacées , le fruit tombe & le pédicule reste , comme on peut le
voir dans le genre des
Rumex. On y peut remarquer
encore une autre particularité. C'est que
les pédicules qui
tout sont verticillés autour de la tige, sont aussi tous articules vers
leur milieu. Il semble
qu'en ce cas le fruit devroit le détacher à l'articulation , tomber
avec une moitié du
pédicule & laisser l'autre moitié seulement attachée à la plante.
Voilà néanmoins [514] ce
qui n'arrive pas. Le fruit se détache & tombe seul . Le pédicule
tout entier reste, & il faut
une anion expresse pour le diviser en deux au point de l'articulation.
PERFOLIÉES. La feuille perfoliée est celle
que la branche enfile & qui entoure celle-ci de
tous cotes.
PERIANTHE. Sorte de calice qui touche
immédiatement la fleur ou le fruit.
PERRUQUE. Nom donne par Vaillant aux
racines garnies d'un chevelu touffu de fibrilles
entrelacées comme des cheveux emmêles.
PÉTALE. On donne le nom de pétale à chaque
piece entiere de la corolle. Quand la corolle
n'est que d'une seule piece, il n'y a aussi qu'un pétale ; le pétale
& la corolle ne sont alors
qu'une seule & même chose, & cette sorte de corolle se désigne
par l'épithète de
monopétale. Quand la corolle est de plusieurs pieces , ces pieces sont
autant de pétales , &
la corolle qu'elles composent se désigne par leur nombre tire du grec,
parce que le mot de
pétale en vient aussi , qu'il convient, quand on veut composer un mot,
de tirer les deux
racines de la même langue. Ainsi les mots de monopétale , de dipétale,
de tripétale, de
tetrapetale, de pentaperale , & enfin polypétale, indiquent une
corolle d'une seule piece ,
ou de deux, de trois , de quatre, de cinq , &c. enfin d'une
multitude indéterminée de
pieces.
PETATOIDE: Qui à des pétales. Ainsi la Fleur petatoide est l'oppose de la Fleur apétale.
Quelquefois ce mot entre comme seconde
racine dans la composition d'un autre mot dont la
premiere racine est un [515] nom de nombre. Alors il signifie une
corolle monopétale
profondément divisée en autant de sections qu'en indique la premiere
racine. Ainsi la
corolle tripétatoide est divisée en trois segmens ou demi-pétales, la
pentapétatoide en cinq,
&c.
PÉTIOLE. Base alongée qui porte la feuille.
Le mot pétiole est oppose à sessile à l'égard
des feuilles, comme le mot pédicule
l'est à l'égard; des fleurs &
des fruit. Voyez Pédicule,
Sessile .
PINNEE. Une feuille AILéE à plusieurs rangs
s'appelle feuille
PISTIL. Organe femelle de la fleur qui
surmonte le germe , & par lequel celui-ci reçoit
l'intromission fécondante de la poussiere des anthères : le pistil se
prolonge ordinairement
par un ou plusieurs styles , quelquefois aussi il est couronne
immédiatement par un ou
plusieurs stigmates , sans aucun style intermédiaire. Le stigmate
reçoit la poussiere
prolifique du sommet des étamines, & la transmet par le pistil dans
l'intérieur du germe
pour féconder l'ovaire. Suivant le système sexuel , la fécondation des
plantes ne peut
s'opérer que par le concours des deux sexes, & l'acte de la
fructification n'est plus que
celui de la génération. Les filets des étamines sont les vaisseaux
spermatiques, les
anthères sont les testicules , la poussiere qu'elles répandent est la
liqueur féminale, le
stigmate devient la vulve, le style est la trompe ou le vagin & le
germe fait l'office d'uterus
ou de matrice.
PLACENTA . Réceptacle des semences. C'est le corps auquel elles sont immédiatement attachées. M. Linnaeus n'admet point ce nom de Placenta & emploie toujours celui de réceptacle . [516] Ces mots rendent pourtant des idées fort différentes . Le réceptacle est la partie par ou le fruit tient à la plante. Le placenta est la partie par ou les semences tiennent au péricarpe . Il est vrai que quand les semences sont nues, il n'y a point d'autre placenta que le réceptacle ; mais toutes les fois que le fruit est angiosperme , le réceptacle & le placenta sont différens .
Les cloisons ( dissepimenta ) de toutes les
capsules à plusieurs loges sont de véritables
placentas, & dans des capsules uniloges , il ne laisse pas d'y
avoir souvent des placentas
autres que le péricarpe .
PLANTE. Production végétal composée de deux
parties principales , savoir, la racine par
laquelle elle est attachée à la terre ou à un autre corps dont elle
tire sa nourriture , &
l'herbe par laquelle elle inspire & respire l'élément dans lequel
elle vit. De tous les
végétaux connus, la Truffe est presque le seul qu'on puisse dire n'être
pas plante.
PLANTES. Végétaux dissémines sur la surface de la terre pour la vêtir & la parer. Il n'y a point d'aspect aussi triste que celui de la terre nue; il n'y en à point d'aussi riant que celui des montagnes couronnées d'arbres , des rivières bordées de bocages , des plaines tapissées de verdure, & des vallons émailles de Fleurs .
On ne peut disconvenir que les plantes ne
soient des corps organises & vivans , qui se
nourrissent & croissent par intussusception, & dont chaque
partie possède en elle-même
une vitalité isolée & indépendante des autres , puisqu'elles ont la
faculté de se reproduire
.*[* Cet article ne paroît pas achevé non plus que beaucoup d'autres,
quoiqu'on ait
rassemble, dans les trois paragraphes ci-dessus qui composent celui-ci
, trois morceaux de
l'Auteur tous sur autant de chiffons .]
[517] POILS ou SOYE. Filets plus ou moins
solides & fermes qui naissent sur certaines
parties des plantes; ils sont quarrés ou cylindriques; droits ou
couches , fourches ou
simples, subulés ou en hameçons ; & ces diverses figures sont des
caracteres assez
constans pour pouvoir servir à classer ces plantes . Voyez l'ouvrage de
M. Guettard,
intitule Observations sur les
plantes.
POLYGAMIE, pluralité d'habitation. Une classe de plantes porte le nom de Polygamie, & renferme toutes celles qui ont des Fleurs hermaphrodites sur un pied & des Fleurs d'un seul sexe mâles ou femelles sur un autre pied.
Ce mot de Polygamie s'applique encore à
plusieurs ordres de la classe des Fleurs
composées, & alors on y attache une idée un peu différente.
Les Fleurs composées peuvent toutes être regardées comme Polygames, puisqu'elles renferment toutes plusieurs fleurons qui fructifient séparément, & qui par conséquent ont chacun sa propre habitation , &, pour ainsi dire, sa propre lignée. Toutes ces habitations séparées se conjoignent de différentes manieres , & par - la forment plusieurs sortes de combinaisons,
Quand tous les fleurons d'une Fleur composée sont hermaphrodites , l'ordre qu'ils forment porte le nom de Polygamie égale.
Quand tous ces fleurons composans ne sont pas hermaphrodites, ils forment entr'eux, pour ainsi dire , une Polygamie bâtarde , & cela de plusieurs façons.
1°. Polygamie superflue , lorsque les fleurons du disque étant [518] tous hermaphrodites fructifient, & que les fleurons du contour étant femelles fructifient aussi.
2°. Polygamie inutile , quand les fleurons du disque étant hermaphrodites fructifient , & que ceux de contour sont neutres & ne fructifient point.
3°. Polygamie nécessaire , quand les fleurons du disque étant mâles & ceux du contour étant femelles, ils ont besoin les uns des autres pour fructifier.
4°. Polygamie séparée , lorsque les fleurons composans sont divises entr'eux, soit un à un, soit plusieurs ensemble , par autant de calices partiels renfermes dans de toute le fleur.
On pourroit imaginer encore de nouvelles
combinaisons , en supposant , par exemple , des
fleurons mâles au contour , & des fleurons hermaphrodites ou
femelles au disque ; mais
cela n'arrive point.
POUSSIERS PROLIFIQUE. C'est une multitude
de petits corps sphériques enfermes dans
chaque anthère & qui , lorsque celle-ci s'ouvre & les verse
dans le stigmate, s'ouvrent à
leur tour, imbibent ce même stigmate d'une humeur qui, pénétrant à
travers le pistil , va
seconder l'embrion du fruit.
PROVIN. Branche de vigne couchée &
coudée en terre. Elle pousse des chevelus par les
nœuds qui se trouvent enterres . On coupe ensuite le bois qui tient au
cep, & le bout oppose
qui sort de terre devient un nouveau cep.
PULPE. Substance molle & charnue de
plusieurs fruits & racines .
RACINE .Partie de la plante par laquelle
elle tient à la [519] terre ou au corps qui la
nourrit. Les plantes ainsi attachées par la racine à leur matrice ne
peuvent avoir de
mouvement local ; le
sentiment leur seroit inutile, puisqu'elles ne peuvent chercher ce qui
leur convient, ni fuir ce qui leur nuit : or la nature ne fait rien en
vain .
RADICALES. Se dit des feuilles qui sont les
plus près de la racine : ce mot s'étend aussi
aux tiges dans le même sens.
RADICULE. Racine naissante.
RADIÉE. Voyez Fleur.
RÉCEPTACLE . Celle des parties de la fleur
& du fruit qui sert de siège à toutes les
autres & par ou leur sont transmis de la plante les sucs nutritifs
qu'elles en doivent tirer.
Il se divise le plus généralement en
réceptacle propre, que ne soutient qu'une seule fleur
& un seul fruit;. & qui, par conséquent , n'appartient qu'aux
plus simples, & en
réceptacle commun qui porte & reçoit plusieurs fleurs.
Quand la fleur est infère , c'est le même
réceptacle qui porte toute la fructification. Mais
quand la fleur est supere , le réceptacle propre est double, &
celui qui porte la fleur n'est
pas le même que celui qui porte le fruit. Ceci s'entend de la
construction la plus commune ;
mais on peut proposer à ce sujet le problème suivant, dans la solution
duquel la nature à
mis une de ses plus ingénieuses inventions.
Quand la fleur est sur le fruit, comment se
peut-il faire que la fleur & le fruit n'aient
cependant qu'un seul & même réceptacle ?
Le réceptacle commun n'appartient
proprement qu'aux [520] fleurs composées , dont il
porte & unit, tous les fleurons en une fleur régulière ; en forte
que le retranchement de
quelques-unes causeroit l'irrégularité de tous ; mais outre les Fleurs
agrégées dont on
peut dire à peu dire àpeu-près la même chose , il y a d'autres sortes
de réceptacles
communs qui méritent encore le même nom ,comme ayant le même usage.
Tels sont
l'Ombelle , l'épi , la Panicule, le
Thyrse , la Cyme , le Spadix , dont
on trouvera les articles
chacun à sa place.
RÉGULIERES (Fleurs). Elles sont symétriques
dans toutes leurs parties, comme les
Crucifères, les Liliacées, &c.
RÉNIFORME. De la figure d'un rein.
ROSACEE. Polypétale régulière comme est. la
Rose .
ROSETTE. Fleur en rosette est une Fleur
monopétal dont le tube est nul ou très-court &
le lymbe très-applati.
SEMENCE. Germe ou rudiment simple d'une
nouvelle plante uni, à une substance propre à sa conservation avant
qu'elle germe, & qui la nourrit durant la premiere germination ,
jusqu'a ce qu'elle puisse tirer son aliment immédiatement de la terre.
SESSILE. Cet adjectif marque privation de
réceptacle . II indique que la feuille , la fleur
ou le fruit auxquels on l'applique tiennent immédiatement à la plante
sans l'entremise
d'aucun pétiole ou pédicule.
SEXE. Ce mot a été étendu au regne végétal
& y est devenu familier depuis
l'établissement du système sexuel.
SILIQUE. Fruit compose de deux panneaux retenus par deux futures longitudinales auxquelles les graines sont attachées des deux cotes.
[521] La Silique est ordinairement
biloculaire & partagée par une cloison à laquelle est
attachée une partie des graines. Cependant cette cloison ne lui étant
pas essentielle ne doit
pas entrer dans sa
définition, comme on peut le voir dans le Cléome , dans la Chélidoine,
&c.
SOLITAIRE. Une fleur solitaire est seule
sur son pédicule.
SOUS-ARBRISSEAU. Plante ligneuse ou petit
buisson moindre que l'arbrisseau , mais qui
ne pousse point en automne de boutons à fleurs ou à fruits. Tels sont
le Thym , le
Romarin, le Groseiller , les Bruyeres , &c.
SOYES. Voyez Poils.
SPADIX, ou RÉGIME. C'est le rameau floral
dans la famille des Palmiers; il est le vrai
réceptacle de la fructification, entoure d'un spathe qui lui sert de
voile.
SPATHE. Sorte de calice membraneux qui sert d'enveloppe aux fleurs avant leur épanouissement, & se déchire pour leur ouvrir le passage aux approches de la fécondation.
Le Spathe est caractéristique dans 1a.
famille des Palmiers & dans celle des liliacées.
SPIRALE. Ligne qui fait plusieurs tours en
s'écartant du centre ou en s'en approchant.
STIGMATE. Sommet du pistil qui s'humecte au
moment de la fécondation, poux que la
poussier prolifique s'y attache.
STIPULE. Sorte de foliole ou d'écailles qui
naît à la base du pétiole , du pédicule , ou de
la branche. Les Stipules sont ordinairement extérieures à la partie
qu'elles accompagnent,
& leur servent en
quelque maniere de console : mais quelquefois [522] aussi elles
naissent a.
cote , vis-à-vis
, ou au-dedans même de l'angle d'insertion.
M. Adanson dit qu'il n'y a de vraies
stipules que sont attachées aux tiges, comme dans les
Airelles , les Apocins, les Jujubiers , les Tithymales, les
Châtaigniers , les Tilleuls, les
Mauves , les Câpriers : elles tiennent lieu de feuilles dans les
plantes qui ne les ont pas
verticillées. Dans ;es plantes légumineuses la situation des stipules
varie. Les Rosiers n'en
ont pas de vraies, mais seulement un prolongement ou appendice de
feuille ou une
extension du pétiole. Il y a aussi des stipules membraneuses comme dans
l'Espargoute.
STYLE. Partie du pistil qui tient le
stigmate eleve au-dessus du germe.
SUC NOURRICIER. Partie de la sève qui est
propre à nourrir la plante.
SUPERE. Voyez Infere.
SUPPORTS. Fulera.
Dix especes, savoir, la
stipule , la bractée , la vrille, l'épine,
l'aiguillon, le pédicule, le pétiole , la hampe , la glande &
l'écaille.
SURGEON, Surculus. Nom donne aux jeunes
branches de l'Oeillet , &c. auxquelles on fait
prendre racine en les buttant en terre lorsqu'elles tiennent encore à
la tige : cette
opération est une espece de Marcotte.
SYNONYMIE. Concordance de divers noms donne
par différens auteurs aux mêmes
plantes. La
Synonymie n'est point une étude oiseuse & inutile.
TALON. Oreillette qui se trouve à la base
des feuilles d'Orangers. C'est aussi l'endroit ou
tient l'oeilleton
qu'on [523] détache d'un pied d'Artichaut , & cet endroit à un peu
de
racine.
TERMINAL . Fleur Terminale est celle qui
vient au sommet de la tige, ou d'une branche.
TERNEE . Une feuille tournée est composée
de trois folioles attachées au même pétiole.
TÊTE. Fleur en Tête ou Capitée est une
Fleur agrégé ou composée, dont les fleurons sont
disposes sphériquement ou àpeu-près.
THIRSE. épi rameux & cylindrique ; ce
terme n'est pas extrêmement usité, parce que les
exemples n'en sont pas frequens.
TIGE. Tronc de la plante d'ou sortent toutes ses autres parties qui sont hors de terre: elle a du rapport avec la cote, en ce que celle-ci est quelquefois unique & se ramifie comme elle, par exemple dans la Fougere : elle s'en distingue aussi en ce qu'uniforme dans son contour , elle n'a ni face, ni dos , ni cote détermines, au lieu que tout cela se trouve dans la cote.
Plusieurs plantes n'ont point de tige , d'autres n'ont qu'une tige nue & sans feuilles qui pour cela change de nom. V. Hampe .
La tige se ramifie en branches des
différentes manieres.
TOQUE. Figure de bonnet cylindrique avec
une marge relevée en maniere de chapeau. Le
fruit du Paliurus à la forme d'une Toque.
TRACER. Courir horisontalement entre deux
terres ; comme fait le chiendent. Ainsi le mot
Tracer ne convient qu'aux racines. Quand on dit donc que le Fraisier
trace , on dit mal , il
rampe, & c'est autre chose.,
TRACHÉES DES PLANTES. Sont, selon Malpighi
, certains vaisseaux formes par les
contours spiraux d'une lame [524] mince , plate & assez large , qui
, se roulant &
contournant ainsi en tire-bourre, forme un tuyau étranglé & comme
divise en sa longueur
en plusieurs cellules, &c.
TRAINASSE ou TRAINÉE. Longs filets qui dans
certaines plantes rampent sur la terre, &
qui d'espace en espace ont des articulations par lesquelles elles
jettent en terre des radicales
qui produisent de nouvelles plantes.
TUNIQUES. Ce sont les peaux ou enveloppe
concentriques des Oignons.
VÉGÉTAL. Corps organise doue de vie & prive de sentiment .
On ne me passera pas cette définition , je
le fais. On veut que les minéraux vivent, que les
végétaux sentent, & que la matiere même informe soit douée de
sentiment. Quoi qu'il en
soit de cette nouvelle physique , jamais je n'ai pu , je ne pourrai
jamais parler d'après les
idées d'autrui, quand ces idées ne sont pas les miennes. J'ai souvent
vu mort un arbre que
je voyois auparavant plein de vie, mais la mort d'une pierre est une
idée qui ne sauroit
m'entrer dans l'esprit. Je vois un sentiment exquis dans mon chien,
mais je n'en apperçois
aucun dans un Chou. Les paradoxes de Jean-Jacques sont fort célebres .
J'ose demander
s'il en avança jamais d'aussi fou que celui que j'aurois à combattre si
l'entrois ici dans
cette discussion , & qui pourtant ne choque personne. Mais je
m'arrête & rentre dans mon
sujet.
Puisque les végétaux naissent & vivent
, ils se détruisent & meurent, c'est l'irrévocable loi à laquelle
tout corps est soumis ; par conséquent ils se reproduisent: mais
comment se fait
cette reproduction? En tout ce qui est soumis à nos sens dans le [525]
regne végétal , nous
la voyons se faire par la voie de la fructification , & l'on peut
présumer que cette loi de la
nature est l'également suivie dans les parties du même regne, dont
l'organisation échappe à nos yeux. Je ne vois ni fleurs ni fruits dans
les Byssus , dans les Conserva , dans les
Truffes; mais je vois ces
végétaux se perpétuer, & l'analogie sur
laquelle je me fonde pour
leur attribuer les mêmes moyens qu'aux autres de tendre à la même fin;
cette analogie ,
dis-je , me paroit si sure , que je ne puis lui refuser mon assentiment.
Il est vrai que la plupart des plantes ont
d'autres manieres de se reproduire, comme par
caieux, par boutures , par drageons enracines. Mais ces moyens sont
bien plutôt des
supplemens que des principes d'institution ; ils ne sont point communs
à toutes, il n'y a que
la fructification qui le soit & qui ne souffrant aucune exception
dans celle qui nous sont
bien connues , n'en laisse point supposer dans les autres substances
végétales qui le sont
moins.
VELU. Surface tapissée de poils.
VERTICILLÉ. Attache circulaire sur le même
plan & en nombre de plus de deux autour
d'un axe commun.
VIVACE. Qui vit plusieurs années; les arbres, les arbrisseaux , les sous-arbrisseaux sont tous vivaces. Plusieurs herbes même le sont, mais seulement par leurs racines. Ainsi le Chevre-feuille & le Houblon , tous deux vivaces , le sont différemment. Le premier conserve pendant l'hiver ses tiges, en sorte qu'elles bourgeonnent & fleurissent le printems suivant mais le Houblon perd les siennes à la fin de chaque automne & recommence toujours chaque année à en pousser de ton pied de nouvelles .
[526] Les plantes transportées hors de leur climat sont sujettes à varier sur cet article. Plusieurs plantes vivaces dans les pays chauds deviennent parmi nous annuelles , & ce n'est pas la seule altération qu'elles subissent dans nos jardins.
De sorte que la Botanique exotique étudiée
en Europe , donne souvent de bien fausses
observations.
VRILLES, ou mains. Espece de filets qui
terminent les branches dans certaines plantes , &
leur fournissent les moyens de s'attacher à d'autres corps. Les Vrilles
sont simples ou
rameuses ; elles prennent, étant libres, toutes fortes de directions ,
& lorsqu'elles
s'accrochent à un corps etranger, elles l'embrassent en spirale.
VULGAIRE. On désigne ordinairement ainsi
l'ainsi l'espece principale de chaque genre la
plus anciennement connue dont il a tire son nom , & qu'on regardoit
d'abord comme une
espece unique.
URNE. Boëte au capsule remplie de poussiere
que portent la plupart des mousses en fleur.
La construction la plus commune de ces Urnes est d'être élevées
au-dessus de la plante
par un pédicule plus ou moins long , de porter à leur sommet une espece
de espece de
coeffe ou de capuchon pointu qui les couvre, adhérent d'abord à l'Urne
, mais qui s'en
détache ensuite & tombe lorsqu'elle est prête à s'ouvrir; de
s'ouvrir ensuite aux tiers de
leur hauteur, comme une boëte à savonnette , par un couvercle qui s'en
détache & tombe à son tour après la chute de la coeffe ; d'être
doublement ciliée autour de sa jointure ,
afin que l'humidité ne puisse pénétrer dans l'intérieur de l'Urne tant
qu'elle est ouverte ;
enfin de pencher & se courber en en-bas aux [527] approches de la maturité pour verser
à
terre la poussiere qu'elle contient .
L'opinion générale des Botanistes sur cet
article , est que cette Urne avec son pédicule est
une étamine dont le pédicule est le filet, dont l'Urne est l'anthère ,
& dont la poudre
qu'elle contient est qu'elle verse est la poussiere fécondante qui va
fertiliser la fleur femelle
; en conséquence de ce système on donne communément le nom d'anthère à
la capsule
dont nous parlons. Cependant comme la fructification des mousses n'est
pas jusqu'ici
parfaitement connue, & qu'il n'est pas d'une certitude invincible
que 1'anthère dont nous
parlons soit véritablement une anthère , je crois qu'en attendant une
plus grande évidence , sans se presser d'adopter un nom si décisif que
de plus grandes lumieres
pourroient forcer ensuite d'abandonner , il vaut mieux conserver celui
d'Urne donne par
Vaillant , & qui , quelque système qu'on adopte , peut subsister
sans inconvénient.
UTRICULES. Sortes de petites outres percées
par les deux bouts, & communiquant
successivement de l'une à l'autre par leurs ouvertures comme les
aludels d'un alambic. Ces
vaisseaux sont ordinairement pleins de sève. Ils occupent les espaces
ou mailles ouvertes
qui se trouvent entre les fibres longitudinales & le bois.
FIN .