[J.M. GALLANAR= éditeur]




[JEAN JACQUES ROUSSEAU]



LETTRE A M. FRERON.




] 25 decembre 1780 ==Du Peyrou/Moultou 1780-1789 quarto édition; t. XV, pp. 555-556 ]





[555] LETTRE A M. FRERON.


Je vous supplie , Monsieur, de vouloir bien le plutôt vous sera possible, donner place dans l'Année littéraire lettre que j'ai l'honneur de vous envoyer. Vous pouvez, Monsieur , me rendre ce service , sans risquer de désoblige M. d'Alembert : son consentement à la publication de cette lettre, est consigné en termes formels , page 179 du Mercure du 23 de ce mois , dans lequel j'avois souhaité qu'elle fût insérée ; & les protestations de sincérité qui accompagnent ce consentement , ne permettent pas de douter que M. d'Alembert ne l'ait dicté lui-même ; car M. d'Alembert est l'homme du monde le plus sincere. Il est clair , Monsieur , que la préférence que je donnois au Mercure, sur votre Journal m'étoit pas inspirée par le desir de me faire valoir ; mais n'étoit pas non plus un effet du hasard ; je croyois devoir sacrifier mon intérêt à la convenance , qui me sembloit exiger que la défense eût le même théâtre & les mêmes spectateurs que l'attaque. M. d'Alembert en a jugé autrement ; il a trouvé fort égal que ma lettre parût dans le Mercure , ou ailleurs; même qu'elle parût, ou ne parût pas , dès qu'il s'en est pleinement rapporté à MM. les Rédacteurs du chef-d'oeuvre hebdomadaire , qui, de leur propre mouvement , & sans que M. d'Alembert ait mis un grain dans la balance, m'ont l'exclusion. Loin que la philosophique indifférence de M. d’Alembert [556] me gagne, Monsieur, je trouve plus que jamais nécessaire que la lettre que j'ai eu l'honneur de lui adresser, soit mise sous les yeux du Public , puisque ce n'est qu'après avoir daigné la lire , qu'il pourra juger de la sagesse des motifs qui ont empêché ces Messieurs de l'insérer , & de la solidité de l'espece de réponse qu'ils ont essayé d'y faire.



D. R. G.



Le 25 Décembre 1780.


FIN.